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Concert au CNSMDP des Ecoles d’Art Américaines de Fontainebleau

Les Ecoles d'art américaines de Fontainebleau ont 100 ans en 2021. Pour célébrer cet anniversaire, un concert a eu lieu le 9 avril au Conservatoire National de Musique de Paris, diffusé en vidéo.

Le concert du centenaire a rassemblé des élèves du Conservatoire de Paris et des Ecoles d’art américaines

Les Ecoles d’art américaines de Fontainebleau (EAAF) ont vu le jour en 1921. Pour fêter l’événement, la directrice artistique Diana Ligeti a imaginé un orchestre éphémère mêlant les étudiants de l’école à ceux du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Le compositeur Bruno Mantovani a tenu la baguette pour ce concert exceptionnel. Le lieu choisi à l’origine était le Théâtre des Champs-Elysées à Paris. Mais, face à la pandémie et la fermeture des lieux culturels au public, le CNSMDP a généreusement ouvert ses portes et mis à disposition une équipe de captation vidéo.

La vidéo du concert est à revoir ici, avec les interviews de Diana Ligeti, Betsy Jolas et Bruno Mantovani.

 

Maurice Ravel et Betsy Jolas mis à l’honneur pour le concert du centenaire

Deux œuvres ont été interprétées lors de ce concert exceptionnel : Ma Mère l’Oye de Ravel, et Jour B de Betsy Jolas. La compositrice américaine entretient des liens privilégiées avec les Ecoles d’art américaines. En 1941, elle rencontre Nadia Boulanger, professeure de composition à Fontainebleau. Betsy Jolas n’a alors que 15 ans. Cinquante ans plus tard, elle reçoit en 1992 le Prix Maurice Ravel, que la fondation au nom du compositeur décerne en partenariat avec les Ecoles d’art américaines. Ses œuvres sont bien-sûr régulièrement jouées par les étudiants des EAAF. Jour B, construit autour de la mélodie du célèbre « happy birthday », s’imposait donc pour célébrer le centenaire. Quant à Maurice Ravel, il fait partie du comité d’honneur des EAAF dès leur création en 1921. Il est souvent venu enseigner à Fontainebleau et a marqué durablement l’institution.

Projet en lien

Ecoles d’Art Américaines de Fontainebleau

Les Ecoles d’Art américaines de Fontainebleau fêtent leur centenaire en 2021. Un concert anniversaire au CNSM de Paris, un festival au château de Fontainebleau, un livre, et un colloque, rythment les célébrations tout au long de l’année.

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Interview de Simon Baker – Gazette de Drouot

INTERVIEW DE SIMON BAKER, ( GAZETTE DE DROUOT, 26/10/2020)

« Le directeur de la Maison européenne de la photo Simon Baker veut enrichir sa collection »

Quarante-six tirages d’Irving Penn, trois mille ouvrages contemporains : à l’occasion de deux acquisitions majeures, l’ancien conservateur de la Tate Modern dévoile sa stratégie pour la collection de la MEP.

Crédits de l’image: Marguerite Bornhauser

Vous qui venez de la Tate Modern de Londres, où votre rôle dans l’élaboration du fonds photographique a été majeur, aimez dire que l’un des atouts de la MEP est sa collection. Quelles en sont les spécificités ?

L’une des raisons pour lesquelles j’y ai postulé en 2018 tient en effet à cette collection qui s’étend des années 1950 à nos jours. Elle inclut de grandes signatures qui vont de William Klein à Helmut Newton, en passant par Richard Avedon et Cindy Sherman. Concernant la majorité des auteurs, la MEP possède également non pas une ou deux pièces mais des ensembles conséquents voire des séries complètes, à l’image de «Sentimental Journey» de Nobuyoshi Araki et des «Américains» de Robert Frank. Cette idée d’acquérir des séries a été dès le début un parti pris fort de Jean-Luc Monterosso (cofondateur et directeur de la MEP jusqu’en 2018, ndlr). Cela reste aujourd’hui l’un de mes axes prioritaires de développement.

Pourquoi est-ce si important à vos yeux ?

Parce que la plupart des photographes conçoivent leur travail en série et sur le long terme. En faisant ce choix, je suis donc fidèle à cette spécificité du médium et à la démarche de ses acteurs. Et je m’inscris dans le prolongement de mon prédécesseur.

Est-ce dans cet esprit que la MEP accueille quarante-six tirages d’Irving Penn, alors qu’elle en avait déjà soixante-trois ? Quelle est la genèse de cette acquisition exceptionnelle, car tous les tirages ont été effectués par Penn lui-même ?

À la Tate, j’avais déjà été en rapport avec la Fondation Irving Penn, installée à New York : je savais donc qu’elle pouvait se montrer très généreuse. Quand j’ai contacté Tom, le fils d’Irving Penn, il a immédiatement été intéressé, m’expliquant que la MEP possédait la collection publique de référence en Europe concernant son père. Mais selon lui, il manquait des essentiels. Il nous a donc proposé de consulter l’intégralité de notre fonds Penn en vue de dresser une liste d’œuvres et de combler les lacunes.

Quelles ont été les conclusions ?

La Fondation a listé quatre vingts tirages, ce qui représente cinq millions de dollars, autant dire une somme impossible à réunir pour nous. Nous avons donc entamé des discussions et nous sommes mis d’accord sur quarante-six pièces d’une valeur de deux millions… Nous les avons obtenues à un prix bien inférieur. L’idée est d’élaborer une sorte de mini-rétrospective couvrant la période de 1939 à 2007. C’est un aperçu d’autant plus fidèle de son œuvre que toutes ses séries sont désormais représentées dans notre fonds.

Quels arguments ont joué en votre faveur pour obtenir un prix préférentiel ?

Tout d’abord, Tom souhaitait qu’un ensemble représentatif soit chez nous et pas ailleurs, car son père adorait la MEP. C’est une façon d’honorer sa mémoire. Ensuite, le fait que nous prêtions régulièrement à des musées a joué pour nous… Par exemple, nous sommes sans doute la seule institution à posséder les «Douze mains de Miles Davis et sa trompette» (1986), une série jugée impossible à reconstituer. Enfin, nous nous sommes engagés à faire une exposition itinérante de nos cent neuf Irving Penn dans différents pays : Japon, Brésil, Chine… Cette proposition a séduit Tom car cela contribuera à diffuser l’œuvre de son père dans le monde.

Comment fonctionne la MEP pour ses acquisitions ?

Les choix sont validés par notre comité d’acquisition, dont les membres sont renouvelés tous les trois ans. Pour l’aspect financier, nous n’avons pas de budget précis. La Mairie de Paris nous alloue une somme globale, et c’est après déduction de tous les frais et charges que le reste peut être consacré à la collection. Nos moyens sont donc limités. C’est la raison pour laquelle j’ai créé le Cercle des collectionneurs, comme je l’avais fait à la Tate. Les Irving Penn constituent la première acquisition du Cercle, qui a reçu un don exceptionnel de la Fondation Etrillard pour l’occasion.

Le développement du mécénat privé est-il devenu incontournable ?

Je le pense. Avant mon arrivée, la plupart des acquisitions étaient réalisées grâce à l’argent public et aux donations, rarement via des mécènes privés. Nous sommes en train d’inverser la tendance. Nos moyens sont supérieurs mais, évidemment, c’est aléatoire. Étant donnée la fragilité de la situation actuelle, il est difficile de se projeter. Ce qui est sûr, c’est que l’argent privé va constituer à l’avenir une part de plus en plus importante de ce budget.

Vos événements programmés sont-ils l’occasion de faire des acquisitions ?

J’ai un principe : l’argent dépensé pour la production des expositions doit nous revenir le plus possible. Je considère que c’est de l’argent public que nous avons l’obligation de bien utiliser. C’est donc inscrit dans notre contrat passé avec les artistes. Dans les faits, cela se discute au cas par cas pour déterminer le nombre d’œuvres. Cela dépend de la générosité des auteurs, de leurs possibilités, du prix de leurs œuvres, etc., mais aussi du montant que nous investissons pour produire de l’exposition.

Quelles sont les œuvres entrées dans la collection par ce biais ?

En 2019, nous avons acheté plus de soixante-dix tirages de deux séries d’Henry Wessel et avons reçu des dons : deux Marguerite Bornhauser, qui vient de recevoir le prix du photographe émergent de Photo London, dix Coco Capitán, quinze Hassan Hajjaj et onze Yingguang Guo. Cette année, nous avons eu trois propositions de dons émanant d’Ursula Schulz-Dornburg, d’Estelle Hanania et d’Erwin Wurm. Pour ce dernier, il s’annonce conséquent et devrait concerner aussi bien des tirages que des vidéos.

Outre quelque 23 000 tirages, la MEP conserve en effet des films d’artistes, des documentaires et plus de 33 000 ouvrages. Qu’est-ce qui vous a convaincu dans la collection Self-Publish, Be Happy, qui vient de rejoindre ce fonds ?

Le fait que ces trois mille livres soient représentatifs du dynamisme de la production éditoriale mondiale des dix dernières années. Cela inclut des ouvrages d’éditeurs et des maquettes originales ainsi que des autoéditions. Comme pour Irving Penn, c’était une opportunité, la production éditoriale étant de plus en plus riche et diverse, donc très difficile à suivre. Cet ensemble axé sur la période contemporaine nous a intéressés car il complète notre collection.

En quoi consiste le fonds de dotation ayant permis l’entrée de cet ensemble ?

C’est une initiative de Jean-François Dubos, le président de la MEP, qui souhaite financer certaines propositions se présentant mais pour lesquelles nous n’avons pas de budget. D’un commun accord, nous avons décidé d’inaugurer ce fonds de dotation avec Self-Publish, Be Happy. Bruno Ceschel, son fondateur, avait été sollicité par le musée d’Art moderne de San Francisco et la Tate : il a choisi la MEP, tenant compte à la fois de l’ampleur de notre collection et de notre position géographique. Paris est en effet un épicentre de l’édition photographique, comme le prouve la tenue des salons Polycopies et Offprint au moment de Paris Photo. Cette collection fera l’objet d’ateliers et de rencontres. Ma volonté est de faire de la MEP un lieu reconnu du livre photo, grâce à sa bibliothèque autant qu’à sa librairie, dont la surface a quadruplé depuis mon arrivée.

Votre ambition est aussi d’accorder une plus grande place à la collection dans votre programmation. Après « Fil noir » en 2019, quand sera-t-elle remise à l’honneur ?

C’est prévu pour l’été prochain avec une exposition qui réunira des artistes ayant photographié leur propre intimité ou leur cercle proche : Nobuyoshi Araki, Nan Goldin, Larry Clark, Hervé Guibert, Alix Cléo Roubaud… Notre collection en sera le point de départ, avec des emprunts pour la partie contemporaine.

Quel bilan dressez-vous de l’année 2020 ?

Du côté des acquisitions, il est très positif car en «valeur marché», il dépasse les trois millions d’euros, alors que la somme que nous avons dépensée est assez modeste. Restons optimistes pour la suite, même si les incertitudes sont nombreuses…

Vidéo « Autour de l’Ars Nova »

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L'Abbaye de Royaumont présente dans cette vidéo son projet "Autour de l'Ars Nova". David Chapuis, professeur à la Haute Ecole de Genève y parle des motets de Philippe de Vitry. Marcel Pérès, référence du monde musical médiéval, apporte aussi sa vision.

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Royaumont

Le programme « Chanter l’Ars Nova » vise à redonner un nouveau rayonnement aux musiques médiévales, à travers la coopération de plusieurs partenaires européens.

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Livre du Centenaire des Ecoles d’Art de Fontainebleau

Sur les photos en noir et blanc, on voit Ravel, Nadia Boulanger ou encore Henri Dutilleux. Les Ecoles d'Art Américaines de Fontainebleau célèbrent en 2021 leur centenaire, et publient un livre richement illustré d'archives inédites.

La musique estivale à Fontainebleau : du Conservatoire américain aux Ecoles d’Art

En 1917, le général Pershing confie à Francis Casadesus la direction d’une école de musique. Alors installée à Chaumont, cette nouvelle institution est destinée aux soldats de la musique militaire américaine. L’école, rebaptisée « Conservatoire américain », s’installe au Château de Fontainebleau quatre ans plus tard. Si le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts a donné son accord, c’est que la structure sert le rayonnement artistique de la France. Cette mission est officiellement reconnue en 1926, date à laquelle le Conservatoire américain devient « Fondation des Ecoles d’Art Américaines ».

 

Astor Piazolla et Philipp Glass y ont étudié sous la houlette de Nadia Boulanger

Chaque été, une cinquantaine d’élèves prend désormais ses quartiers pendant trois mois dans l’aile Louis XV du château. Professeure de composition à Fontainebleau dès 1921, Nadia Boulanger prend la tête des Ecoles d’Art en 1949. Elle en assurera la direction pendant cinquante ans, jusqu’à sa mort en 1979. Parmi ses élèves, on compte Leonard Bernstein, Aaron Copland, Astor Piazolla ou encore Philip Glass.

Nadia Boulanger dans la cour de Fontainebleau en 1953, entourée de Francis Poulenc, Pierre Bernac, Jean Françaix et Maurice Gendron

 

Le livre du centenaire est jalonné de photos, lettres et affiches. Des documents inédits tirés des archives.

La musicologue Catherine Massip, ancienne directrice du Département Musique de la Bibliothèque Nationale de France, a réuni dans ce livre plus de cent cinquante documents d’archives. La conservateur du patrimoine Annie Jacques l’a assisté dans l’élaboration de ce bel ouvrage, ainsi que le violoniste Alexis Galperine, lui-même enseignant au Conservatoire américain de Fontainebleau.

En regard de l’histoire des Ecoles d’Art Américaines, racontée en français et anglais pour respecter leur double identité, on découvre des photos inédites des enseignants et des élèves. Des lettres nous plongent dans l’ambiance des années 20, et des affiches témoignent de l’activité des années 70. Un livre passionnant, publié aux éditions Gourcuff Gradenigo, pour redécouvrir cent années d’histoire musicale dans l’un des fleurons du patrimoine architectural français.

 

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Ecoles d’Art Américaines de Fontainebleau

Les Ecoles d’Art américaines de Fontainebleau fêtent leur centenaire en 2021. Un concert anniversaire au CNSM de Paris, un festival au château de Fontainebleau, un livre, et un colloque, rythment les célébrations tout au long de l’année.

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