Prix Arts numériques

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Prix Arts numériques - 2e édition - Finalistes

Alexandra Daisy Ginsberg, Pollinator Pathmaker: Perceptual Field 7SzzLn6GnY97DSo7hCSLMf

Portrait of Alexandra Daisy Ginsberg, © Nathalie Théry. Photography by Nathalie Théry / Alexandra Daisy Ginsberg, Pollinator Pathmaker: Perceptual Field 7SzzLn6GnY97DSo7hCSLMf, 2025. Umberto Romito and Ivan Suta, Museum für Gestaltung Zurich ZHdK.

Née en 1982, Alexandra Daisy Ginsberg est une artiste britannique qui explore l’évolution des relations entre les êtres humains, la nature et la technologie, à travers la sculpture, l’installation, les jardins vivants et les outils numériques. En 2023, elle a remporté le Grand Prix S+T+ARTS de la Commission européenne pour Pollinator Pathmaker, une œuvre algorithmique conçue pour les pollinisateurs. Ses œuvres ont été exposées notamment au MoMA de New York, au Centre Pompidou à Paris et à la Royal Academy of Arts. Titulaire d’un doctorat du Royal College of Art, elle a reçu le titre de « Royal Designer for Industry » en 2025 et est artiste en résidence aux Somerset House Studios, à Londres.

Pollinator Pathmaker est une œuvre d’art algorithmique qui génère des plans de plantation optimisés pour favoriser la diversité des pollinisateurs plutôt que l’esthétique humaine. En réponse au déclin des populations de pollinisateurs, le projet propose un modèle technologique alternatif : un algorithme altruiste qui donne la priorité à la vie non humaine. Présenté sous la forme d’œuvres d’art vivantes, d’une plateforme numérique participative, d’imprimés et de tapisseries, il explore la transposition des systèmes numériques en expériences matérielles et sensorielles. La tapisserie Pollinator Pathmaker: Perceptual Field 7SzzLn6GnY97DSo7hCSLMf (2025) représente une œuvre d’art algorithmique composée de 7 819 plantes réparties en 66 espèces. Elle transforme cette composition en une œuvre textile à grande échelle, évoquant la perception des formes et des couleurs florales du point de vue des pollinisateurs. À la croisée de l’art, de la technologie et de la recherche écologique, ce projet propose une nouvelle approche de l’art numérique au service des organismes vivants.

 

Holly Herndon & Mathew Dryhurst, Starmirror, 2025.

Holly Herndon & Mat Dryhurst © Diana Pfammatter / Holly Herndon & Mat Dryhurst, Starmiror, 2025, KW Performance. © Herndon Dryhurst Studio.

Holly Herndon et Mathew Dryhurst sont deux artistes basés à Berlin, dont le travail explore les liens entre art, intelligence artificielle, musique et gouvernance des technologies. À travers leur pratique, ils développent un « art protocolaire », intervenant directement sur les systèmes et les infrastructures numériques. Cofondateurs de Spawning en 2022, ils ont notamment contribué à faire évoluer les débats sur les droits d’auteur et l’utilisation des œuvres dans l’entraînement de l’IA. Leurs créations ont été présentées dans des institutions internationales majeures, dont la Serpentine Gallery de Londres et la Biennale du Whitney à New York en 2024. En 2026, ils présentent Strange Rules au Palazzo Diedo à Venise. Holly Herndon a reçu plusieurs distinctions, dont le prix STARTS d’Ars Electronica (2022) et le prix Kairos (2025). Mathew Dryhurst est chercheur associé au HAI Lab et membre de l’Institute for Ethics in AI de l’Université d’Oxford.

 

Starmirror (2025) est une installation immersive mêlant son, image et intelligence artificielle, créée par Holly Herndon et Mat Dryhurst avec le studio d’architecture sub. L’œuvre explore les liens entre IA et création collective à travers la participation de chorales, dont les voix contribuent à entraîner un modèle d’intelligence artificielle. Elle s’inspire notamment d’Hildegard von Bingen et de son Ordo Virtutum (1151), une œuvre musicale médiévale dont les compositions sont réinterprétées grâce à l’apprentissage automatique. En associant patrimoine musical, technologies contemporaines et participation du public, Starmirror interroge la manière dont l’IA peut devenir une création collective et un bien commun.

 

Anna Ridler, Circadian Nocturne, 2023.

Anna Ridler / Circadian Nocturne, 2023.

Née en 1985, Anna Ridler est une artiste et écrivaine britannique dont la pratique explore des systèmes complexes, qu’ils soient technologiques, financiers ou écologiques, et la manière dont ils révèlent et dissimulent à la fois. Elle conçoit des systèmes d’apprentissage automatique et constitue elle-même ses jeux de données : son travail se situe ainsi au cœur de ces technologies plutôt que dans un commentaire extérieur. Diplômée d’un master en Information Experience Design du Royal College of Art et d’une licence en littérature et langue
anglaises de l’université d’Oxford, elle a également été fellow au Creative Computing Institute de l’University of the Arts London. Son travail a été présenté à l’international, notamment au Buk Seoul Museum of Art, au ZKM de Karlsruhe, à l’université d’Oxford, au Barbican Centre, à la HEK de Bâle, au Centre Pompidou, au Tokyo Photographic Art Museum, au MIT Museum, ainsi que sur les écrans de Times Square. Ses œuvres figurent dans les collections permanentes du Whitney Museum of American Art, du Centre Pompidou, du Victoria and Albert Museum, du M+ et du ZKM. En 2025, elle a été nommée conjointement avec Sofia Crespo « Artiste numérique de l’année » par l’Arab Bank
Switzerland, elle est représentée par la galerie Nagel Draxler.

 

Circadian Nocturne (2023) est une installation composée d’animations générées par IA représentant des fleurs nocturnes, commandée à l’origine pour le « Midnight Moment » de Times Square. Faute de recensement officiel de ces fleurs nocturnes, jugées sans intérêt économique, l’artiste en a constitué sa propre archive, en consultant des scientifiques et en cultivant certaines plantes, puis a entraîné des réseaux de neurones à partir de ces données. Blanches pour refléter le clair de lune et attirer leurs pollinisateurs, ces fleurs se retrouvent
transposées dans un lieu baigné de lumière artificielle permanente. L’œuvre illustre la démarche de Ridler : archiver ce que les systèmes officiels ignorent et utiliser l’IA pour révéler la collision entre différents systèmes de valeur et de temporalité.

 

« Ces trois œuvres nous rappellent que l’innovation artistique dans le domaine du numérique se nourrit aussi de patience, d’attention au vivant et de mémoire. De l’héritage musical d’Hildegarde de Bingen aux connaissances botaniques, leurs auteurs puisent dans les arts et les sciences pour donner de nouvelles formes à ce qu’ils observent et à ce qu’ils héritent du passé. C’est cette rencontre que nous souhaitons encourager avec l’Académie des beaux-arts. Notre lauréate, Anna Ridler, l’incarne avec une grande justesse : dans Circadian Nocturne, la précision de l’observation botanique rencontre l’inspiration des nocturnes de Chopin pour nous inviter à découvrir, avec poésie, les rythmes du vivant qui échappent à notre attention. » Miguel Perez de Guzman, délégué général de la Fondation Etrillard

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