Du 1er au 30 septembre 2026, à l’occasion de la quatrième édition de Homo Faber, la Fondation Etrillard s’associe à la Fondazione dell’Albero d’Oro pour présenter, au Palazzo Vendramin Grimani, l’exposition Metamorfosi di une collezione. Une exposition qui met en dialogue son patrimoine historique et la créativité de la nouvelle génération d’artisans et de designers de l’École Boulle de Paris.

Portée conjointement par la Fondazione dell’Albero d’Oro, la Fondation Etrillard et l’École Boulle, cette exposition met en regard deux chefs-d’œuvre de la collection de la Fondation Etrillard, emblématiques du raffinement des arts décoratifs européens au XVIIIᵉ siècle, et les douze pièces contemporaines qu’ils ont inspirées. Réalisées par les étudiants dans le cadre du Prix Collection source d’inspiration, ces créations sont l’œuvre de deux promotions successives, chacune ayant pris pour point de départ l’une des deux œuvres historiques. La scénographie, entièrement pensée par les étudiants de l’École Boulle, investit le rez-de-chaussée du Palazzo Vendramin Grimani et donne à voir la manière dont un héritage ancien demeure une source vive de recherche et de création.

Ces deux sources d’inspiration sont une paire de vases candélabres en lapis-lazuli et bronze doré, attribuée à Jean-Étienne Forestier (1770–1780), et la tapisserie Narcisse et Écho, œuvre monumentale tissée après 1714 par la Manufacture royale des Gobelins d’après un carton d’Antoine Dieu. En regard de ces références, les créations étudiantes prolongent et détournent leurs matières, leur iconographie et leurs récits, qu’elles traduisent dans le langage du design contemporain et des métiers d’art.

Manufacture royale des Gobelins, Narcisse et Écho, d’après un carton d’Antoine Dieu (1662–1727), après 1714, laine et soie, 320 × 230 cm, FE.2022.006, Collection Fondation Etrillard & Jean-Étienne Forestier, Vases candélabres, vers 1770–1780, Lapis-lazuli, bronze doré et patiné, 57 × 24 cm, FE.2023.005, Collection Fondation Etrillard.

Le parcours de l’exposition s’articule autour de quatre sections thématiquesRésurgence, Fragmentation, Incarnation et Émanation — qui invitent les visiteurs à découvrir différentes façons de transformer et de réinterpréter le patrimoine.

Résurgence revisite les usages et les rituels du passé à travers des œuvres consacrées à la convivialité, à la lumière et au parfum, offrant une lecture contemporaine des objets du quotidien. Fragmentation explore le thème de la métamorphose en déconstruisant les images et les significations, à partir du mythe de Narcisse et Écho, pour interroger l’identité et la perception à l’ère numérique. Incarnation met en dialogue la matière, la nature et le savoir-faire artisanal, donnant une présence vivante et dynamique aux œuvres historiques. Enfin, Émanation montre comment les œuvres du passé continuent de générer de nouveaux récits, où l’eau devient le fil conducteur de mythes, d’émotions et de mémoires.

Agathe Quissac, En Deux Temps, 2024-2026, Atelier Marqueterie © Emma Lutz

Parmi les œuvres présentées, deux créations lauréates du prix Collection source d’inspiration occupent une place particulière. L’écho du feuillage de Karl Ringelstein, premier lauréat du prix, s’inspire du feuillage de la tapisserie Narcisse et Écho. Ce tableau de marqueterie, véritable baromètre d’art connecté, s’anime pour évoquer les conditions météorologiques du moment : sa frondaison, animée d’une respiration retenue et cyclique, rappelle la nymphe Écho, condamnée à répéter les derniers mots entendus. Composée de 2 700 pièces uniques et fruit de plus de 500 heures de travail, cette œuvre conjugue avec brio réinterprétation esthétique et fonctionnalité. En Deux Temps d’Agathe Quissac, lauréate 2024–2026, dialogue quant à elle avec les vases candélabres de la Fondation Etrillard : ce panneau mural cinétique met en regard le patrimoine du XVIIIᵉ siècle et la création contemporaine à travers les thèmes de la dualité et du mouvement.

Karl Ringelstrein, L’écho du feuillage, 2022-2024, Atelier Marqueterie © Emma Lutz

L’exposition marque également le point d’orgue du programme Collection source d’inspiration, lancé en 2022 par la Fondation Etrillard en collaboration avec l’École Boulle. Ce programme invite les étudiants à puiser dans les œuvres de la collection de la Fondation pour imaginer des créations contemporaines qui en renouvellent le sens et l’inscrivent dans le présent.

À travers Metamorfosi di una collezione, la Fondation Etrillard réaffirme son engagement en faveur du dialogue entre patrimoine, formation et création contemporaine, et témoigne de la manière dont les collections historiques peuvent continuer à susciter la connaissance, l’expérimentation et de nouvelles formes d’expression artistique.

📍 Palazzo Vendramin Grimani, Venise
🗓 1er–30 septembre 2026
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En septembre 2025, la Bibliothèque de Versailles, en collaboration avec le Ministère des Affaires étrangères, a présenté au public une exposition inédite consacrée à l’histoire de la diplomatie française sous l’Ancien Régime. Cette exposition, une première sur ce thème pour l’institution, a permis de renouer avec l’histoire prestigieuse de son bâtiment historique, ancien siège du Ministère de la Marine et des Affaires étrangères sous Louis XV et Louis XVI.

La Fondation s’était engagée pour la première fois aux côtés de la Bibliothèque Municipale de Versailles en 2023, à l’occasion de l’exposition « Trésors des Bibliothèques de Versailles ». Elle avait alors permis la restauration de deux documents exceptionnels : les notes manuscrites d’un assistant du sculpteur Jean-Antoine Houdon, ainsi qu’un exemplaire de la première édition bruxelloise des Nouvelles exemplaires de Miguel de Cervantès.

Atelier de Louis-Michel van Loo, Portait d’Etienne François, duc de Choiseul Stainville, entre 1763-1800, huile sur toile, Château de Versailles.

C’est dans la continuité de cet engagement que la Fondation a eu le plaisir de s’associer une nouvelle fois à la Bibliothèque Municipale de Versailles pour soutenir le catalogue de l’exposition « Excellences ! Les Affaires étrangères sous l’Ancien Régime ». Conçue par la bibliothèque avec le concours du ministère des Affaires étrangères, cette manifestation a offert aux visiteurs l’occasion de contempler des pièces provenant des bibliothèques royales et de grands diplomates, témoins des moments marquants de la diplomatie française. Elle a également mis en lumière le riche passé du lieu qui l’accueillait — cet ancien ministère de la Marine et des Affaires étrangères sous Louis XV et Louis XVI, où fut en partie négocié le traité reconnaissant l’indépendance des États-Unis.

Soutenu par la Fondation Etrillard, ce catalogue a rassemblé les contributions de nombreux historiens et spécialistes de la diplomatie, un ouvrage que nous avons eu l’honneur de préfacer.

L’Institut national du patrimoine est l’établissement d’enseignement supérieur du ministère de la Culture spécialisé dans la formation des professionnels du patrimoine. Originalité en Europe, il regroupe la formation à deux métiers complémentaires, celui de conservateur du patrimoine et celui de restaurateur du patrimoine, à Paris et Aubervilliers. Chaque année, l’Inp sélectionne environ 50 élèves conservateurs et seulement 20 élèves restaurateurs.

Pour ces derniers, la réalisation du mémoire de fin d’études sur une œuvre choisie par eux vient couronner une année entière d’investissement et de recherche.

Lauriane Boudeau – élève en spécialité arts du feu – métal. Étude et conservation-restauration de deux « telrin » ou poignards de bras touareg avec leur fourreau, fin XIXe siècle – début XXe siècle, conservés au musée des explorations du monde, Cannes © Chloé Bernard / Inp

Engagée dans des projets de développement des savoir-faire des métiers d’art et ateliers de restauration, la Fondation Etrillard a souhaité apporter dès cette année son aide aux élèves restaurateurs en formation à l’Inp. C’est ainsi qu’elle a décidé de créer une bourse d’étude dédiée au financement de la cinquième et dernière année de formation d’un élève restaurateur du patrimoine.

Grâce à cette bourse, l’élève pourra accomplir ses travaux dont les résultats seront présentés au public au cours des soutenances qui se dérouleront en septembre 2025 à l’auditorium de la galerie Colbert.

Ce don représente un investissement à long terme pour la promotion des savoir-faire, leur transmission et le maintien des compétences de haut niveau dans ce domaine spécialisé.

Fanny Herr – élève en 5e année de formation – spécialité peinture. Étude et conservation-restauration d’une huile sur toile d’Amélie Beaury-Saurel intitulée "Nos filles", fin XIXe siècle – début XXe siècle), conservée au musée de La Roche-sur-Yon. © Chloé Bernard / Inp

La Fondation Etrillard possède un exceptionnel guéridon en bronze doré, bronze patiné et marbre Bardiglio. Le modèle, sans doute créé sous la direction d’un marchand mercier comme Dominique Daguerre, fut vraisemblablement exécuté vers 1785-1790 par l’un des plus grands bronziers du XVIIIe siècle, François Rémond. Au moins quatre autres exemplaires sont connus, tous légèrement différents, dont deux en collections publiques : l’un au musée Nissim de Camondo, l’autre dans les collections royales espagnoles. L’exemplaire de la Fondation Etrillard a appartenu à de grands collectionneurs du XXe siècle : Arnold et Jean Seligmann, puis Helena Rubinstein.

Le guéridon de la Fondation présente une lacune : sous la table manque un alabastre, vase à parfums en forme d’amphore qui servait à parfumer la pièce.

Le guéridon du Patrimonio Nacional, propriété de l'État espagnol, est le plus complet des quatre exemplaires et le seul qui a conservé son alabastre. 

Guéridon ("velador"), collection Patrimonio Nacional (Espagne), fin XVIIIème siècle, inv. 10072310

Patrimonio Nacional a pour mission d’administrer et de gérer les actifs appartenant à l’État espagnol affectés par l'utilisation et le service du Roi et des membres de la famille royale, en faisant l’un des ensembles culturels le plus importants en Europe. 

Patrimonio Nacional a accordé la numérisation tridimensionnelle de l’alabastre du guéridon de sa collection royale, pour aider la Fondation Etrillard à restituer son alabastre et contribuer à une meilleure connaissance et diffusion de ses collections.

Fondée en 1886, l’École Boulle est une école de renommée internationale dans le domaine de l’artisanat d’art et de la restauration de mobilier.

Déjà partenaire de la Fondation Etrillard pour un programme pédagogique autour de sa collection d’œuvres d’art, l’École Boulle a mis à disposition deux de ses professeurs (Ébénisterie et Atelier Ciselure) pour se rendre au Palacio Real de El Pardo. Ils ont photographié et numérisé en 3D l’alabastre espagnol, afin d’en réaliser une copie en France, qui viendra compléter notre guéridon aux griffons. 

Numérisation de l’alabastre espagnol par les professeurs de l’École Boulle Bastien Godinou et Guillaume Estrade

Tout comme l’édifice qui l’abrite, l’histoire des orgues de la cathédrale Saint-André de Bordeaux est multiséculaire. Il est fait mention d’un orgue dès le début du XIVe siècle. Depuis lors, plusieurs instruments se sont succédés de manière quasi ininterrompue jusqu’à nos jours. L’orgue actuel a été construit dans les années 1970 dans un imposant buffet classé Monument Historique parmi les plus vastes de France dans ses lignes du XVIIIe siècle. Outil d’une riche vie musicale pendant près de 40 ans, cet instrument a souffert dès son installation à la cathédrale de nombreux problèmes de réalisation et d’entretien.

Cet orgue va ainsi faire l’objet d’une reconstruction complète, accompagnant le renouveau culturel de l’édifice et couronnant sa restauration intérieure. Il retrouvera sa splendeur grâce à l’action de l’association Cathedra, devenue l’un des principaux acteurs culturels de la métropole bordelaise.
Excellence, exigence, qualité acoustique et des matériaux, créativité et innovation seront les maîtres-mots de cette réalisation.

La Fondation Etrillard est heureuse de contribuer, aux côtés de l’État français, des collectivités territoriales et d’autres mécènes, à ces importants travaux, au montant global de plus de 3 millions d’euros. Les travaux, d’une durée de 3 ans, seront lancés à l’hiver 2024, en parallèle à la restauration intérieure de la nef de la cathédrale. La Fondation accompagne à cette occasion la saison musicale de la cathédrale de Bordeaux.

Le Kunsthistorisches Museum de Vienne conserve dans ses collections un trésor unique : la couronne impériale. Associée au légendaire Charlemagne, cette couronne a été vénérée comme une relique sacrée du souverain et a conservé son statut d’insigne du Saint Empire romain germanique. Elle est restée en usage jusqu’au dernier couronnement en 1792, s’inscrivant dans les mémoires comme l’un des symboles les plus importants et les plus évocateurs de l’histoire européenne.

Cependant son utilisation pendant plusieurs siècles n’a pas que favorisé sa conservation. Elle a entraîné de nombreuses pertes, des dommages et des réparations qui ont eu un impact considérable sur son état et son apparence actuels.
 

Portrait idéal de Charlemagne (747-814), copie d'après Albrecht Durer (1471-1528), fin du XVIe ou début du XVIIe siècle. KHM-Museumsverband, Gemäldegalerie

Le musée a lancé en 2022 le « CROWN Project » (« Projet Couronne ») : un projet de recherche interdisciplinaire afin de mieux connaître les matériaux, la technologie et l’état de conservation de la couronne impériale. Il réunit des historiens de l’art, des conservateurs et des scientifiques qui mettent à profit leur expertise, leur savoir-faire et leurs approches respectives pour développer une plateforme de recherche collaborative. Pour la première fois, les composants, les techniques, les interventions et les altérations de l’objet ont été analysés et documentés de manière exhaustive. En outre, un certain nombre d’objets d’orfèvrerie de la même époque (X et XIème siècles) ont été sélectionnés afin d’obtenir des informations supplémentaires sur les matériaux et les techniques utilisés ailleurs. Toutes ces données sont étudiées et analysées par les experts du musée en collaboration avec des spécialistes d’institutions telles que le Louvre et le C2RMF à Paris, le Rathgen Forschungslabor à Berlin et la Bibliothèque nationale de Bavière à Munich.

Le « CROWN project » s’achèvera à la fin de l’année 2024. Il permettra des observations et des résultats encore plus pertinents et étonnants que prévu, qui seront rendues disponibles et accessibles au grand public dans un deuxième temps. Entre autres données, environ 30 000 images microscopiques numériques en 3D ont été créées. Ces images offrent un aperçu sans précédent de la structure de la couronne, de sa fabrication et de son état de conservation. Plus de 1750 composants individuels ont été détectés, dont beaucoup sont eux-mêmes des structures complexes. Les dessins techniques ont pour but de « traduire » les informations et de fournir une compréhension claire et précise non seulement aux chercheurs, mais aussi aux observateurs moins expérimentés.

Ce projet contribue à rendre la culture accessible : il met les résultats scientifiques du « CROWN project » à la disposition d’un large public par le biais de dessins et d’un modèle numérique 3D, y compris les scolaires, les jeunes et les personnes intéressées par les nouvelles technologies. 

Grâce au soutien de la Fondation Etrillard, le Musée va pouvoir réaliser un grand nombre de dessins ainsi que le modèle de la couronne. Un documentaire sur le projet sera présenté à la télévision autrichienne d’ici la fin de l’année 2024.

Lire l’article de Paris Match : « La couronne impériale du Saint-Empire romain germanique : de l’or, de l’émail, 172 pierres et plus de 800 perles »

La National Gallery de Londres est l’un des plus grands musées d’art au monde. Fondée par le Parlement britannique en 1824, elle abrite la collection nationale de peintures de tradition européenne occidentale, de la fin du XIIIe au début du XXe siècle. La collection comprend des œuvres d’Artemisia Gentileschi, Bellini, Cézanne, Degas, Léonard de Vinci, Monet, Raphaël, Rembrandt, Renoir, Rubens, Titien, Turner, Van Dyck, Van Gogh ou encore Velázquez. Les principaux objectifs de la galerie sont de conserver et d’enrichir la collection et d’offrir le meilleur accès possible aux visiteurs. 

Dans cette optique, la National Gallery a déployé un projet de restauration et de médiation autour d’un emblème de sa collection, Moïse sauvé des eaux. C’est la première fois que la Fondation Etrillard noue un partenariat au Royaume-Uni. 

Le Moïse sauvé des eaux, daté du début des années 1630, fait partie des rares tableaux peints par le grand peintre baroque italien Orazio Gentileschi pendant sa résidence à la cour de Charles Ier d’Angleterre. Cette œuvre était accrochée à l’origine dans le Grand Hall de la Maison de la Reine à Greenwich. Remarquable par ses dimensions (2,5 par 3 mètres), son ambition et son contexte royal, cette peinture est d’une importance exceptionnelle pour le patrimoine anglais et plus largement européen, et constitue l’une des plus grandes œuvres de Gentileschi. Acquise en 2019 grâce au soutien de donateurs, d’appels au don publics et de legs, il s’agit de la première œuvre de Gentileschi à entrer dans les collections de la National Gallery.

Orazio Gentileschi (1563–1639), « The Finding of Moses » (Moïse sauvé des eaux), vers 1630, © The National Gallery, Londres

Depuis 2023, le tableau fait l’objet d’une restauration et de retouches dans l’atelier de conservation de la National Gallery. Il a tout d’abord été nettoyé, consolidé, vernis et ses pertes de peinture ont été comblées. En 2024, les restaurateurs ont finalisé les retouches avant de le faire réencadrer. Le département scientifique du musée a ensuite examiné entièrement la toile à l’aide d’un scanner à rayons X fluorescents (XRF). Cette analye a révélé les changements intervenus au cours de la création du tableau et a permis de mieux connaître les matériaux et la technique picturale de Gentileschi.

En mai 2025, le Moïse sauvé des eaux sera présenté au public pour la première fois depuis sa restauration.

Conservators from the National Gallery at work on Orazio Gentileschi’s The Finding of Moses (early 1630s). © The National Gallery

La Fondation Etrillard est heureuse de parrainer la vidéo Behind-the-scenes des coulisses du projet, dans laquelle les restaurateurs, scientifiques et conservateurs impliqués présentent les premiers résultats de l’analyse et du traitement de la peinture. Cette vidéo de 15 minutes partage leurs fascinantes découvertes et encourage la connaissance de ce chef-d’œuvre auprès du grand public. Elle est disponible à la fois sur le site web de la National Gallery et sur sa chaîne YouTube, permettant une large diffusion à travers le monde.

La Fondation Etrillard accompagne la Fondation des Monastères qui soutient la restauration d’un manuscrit enluminé unique, le Manuscrit des Heures à lusaige de Rome, conservé à l’Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, dans la Sarthe. Au début modeste prieuré de quelques moines pendant huit siècles, Saint-Pierre de Solesmes est devenue une abbaye influente au XIXème siècle sous l’impulsion de son restaurateur dom Guéranger.

Ces horae sont un ouvrage enluminé sur parchemin réalisé par Anthoine Chappiel pour l’atelier de Germain Hardouin en 1497. C’est l’un des nombreux trésors que compte la bibliothèque de l’Abbaye de Solesmes, riche de deux cent mille volumes – livres liturgiques mais également d’histoire, de littérature et d’art en général.

L’ouvrage a été restauré par La Reliure du Limousin, atelier créé en 1950 et centre de formation depuis 1990, dont les 70 artisans restaurent au quotidien les fonds anciens pour assurer la pérennité du patrimoine écrit.

L’objectif était la préservation de ce précieux opus à travers sa restauration et son conditionnement dans un écrin de protection sur mesure.

Le manuscrit a ensuite été exposé au Salon International du Patrimoine Culturel au Carrousel du Louvre (Paris) du 2 au 5 novembre 2023.

Cette restauration a fait l’objet d’une documentation complète par La Reliure du Limousin. Toutes les étapes de travail réalisées par 4 restaurateurs différents y sont décrites : débrochage manuel, nettoyage, restauration des parchemins, couture des feuillets, confection d’une tranchefile, réalisation d’une reliure neuve et d’une boîte conservation sur mesure.

Du 16 septembre au 16 décembre 2023, la Bibliothèque de Versailles présente une grande exposition mettant à l’honneur ses collections : « Trésors des Bibliothèques de Versailles ».

Cette exposition permet à la fois de présenter au public des pièces rares et inattendues (livres provenant de collections royales, des bibliothèques de personnalités historiques, objets et dessins), mais aussi de faire progresser les connaissances autour de ces pièces à travers un certain nombre de cas d’études. Des tablettes cunéiformes aux chefs-d’œuvre de la reliure contemporaine, elle présentera des trésors connus ou méconnus, à travers une série de thématiques : ancienneté, auteur illustre, provenance prestigieuse, rareté de l’édition, splendeur des matériaux et valeur esthétique.

Certains de ces livres nécessitant une restauration avant leur présentation au public, la Fondation Etrillard prend en charge la restauration de deux pièces d’une extrême rareté : les Nouvelles exemplaires de Cervantes, édition originale de 1614, exemplaire de José Maria de Heredia, ainsi que le carnet de notes d’un aide-sculpteur de Jean-Antoine Houdon.

Ces deux manuscrits se trouveront dans l’exposition aux côtés d’autres trésors, tels que le « petit livre secret » rédigé par Madame de Maintenon, l’exemplaire de La Partie de chasse de Henri IV de Charles Collé – probablement le premier livre relié aux armes de Marie-Antoinette –, ou des dessins originaux de Fragonard pour les Contes de La Fontaine.

La Fondation Etrillard et la Fondazione dell'Albero d'Oro s'associent à l'ECAL/ Ecole cantonale d'art de Lausanne et à la manufacture suisse ALCO dans l'idée de développer un ambitieux projet de recherche autour du verre. Cette collaboration unique a pour objectif de créer une rencontre entre le savoir-faire ancestral des artisans verriers basés à Murano et la créativité et esprit d'innovation des étudiants du Master Design for Luxury & Craftsmanship de l'ECAL.

Les œuvres imaginées par les étudiants et produites par les maîtres verriers, seront présentées à La Fondazione dell'Albero d'Oro en septembre prochain, lors de la Venice Glass Week 2023.

La Fondation Etrillard est heureuse de soutenir l'encadrement académique de ce projet de recherche piloté par Nicolas Le Moigne, responsable du programme à l'ECAL, et sous la direction artistique du designer Ini Archibong.