La Fondation Etrillard a financé la rénovation du Salon de l'Aurore du Palais Royal de Venise. Elle contribue ainsi à la sauvegarde de ce trésor de notre patrimoine et permet au public de redécouvrir sa riche décoration d'origine, oeuvre de Giovanni Rossi.
De nombreuses interventions se sont succédées au fil du temps dans le Salon de l’Aurore du Palais Royal de Venise, conçu dans les années 1853-57 pour l’appartement de l’archiduc Ferdinand Maximilien de Habsbourg. Ces interventions ont modifié les nuances chromatiques d’origine du Salon ainsi que certaines parties décorées dont les surfaces semblaient généralement très assombries par la présence de poussière et de repeintures. Les différentes opérations soutenues par la Fondation Etrillard (rénovation des dorures et des peintures, restauration des portes et fénêtres…) ont permis de redonner toute sa splendeur à la décoration d’origine du Salon qui est aujourd'hui de nouveau ouvert au public.
La Fondation Etrillard a co-créé en 2022 un programme pédagogique de deux ans avec l’École Boulle, école parisienne fondée en 1886 qui est l’une des plus grandes écoles d’art et de design en Europe.
La Fondation propose à l’étude sa collection d’œuvres d’art à plusieurs étudiants de 2e et 3e année en parcours métiers d’art, avec pour objectif la valorisation, l’interprétation et la réappropriation de ses œuvres emblématiques.
Ce projet pédagogique est cher à la Fondation, car il permet la formation et la transmission de savoir-faire à une nouvelle génération d’artisans grâce aux objets de sa collection, réunissant art ancien et nouvelles pratiques.
Guidés par leurs professeurs, les étudiants de 8 ateliers différents (Décor et traitement de surface, ébénisterie, marqueterie, art du bijou, ciselure, monture en bronze, sculpture et restauration mobilier) exercent à la fois leur créativité et leur technique.
Une fois les créations des finalistes achevées, un jury composé de professeurs de l’Ecole Boulle et de membres de la Fondation Etrillard se réunit pour élire parmi elles une œuvre lauréate.
En 2023 et 2024, c’est l’une des tapisseries de la collection représentant le mythe de Narcisse et Echo qui a servi de point de départ aux étudiants. Tissée au début du XVIIIe siècle par la manufacture des Gobelins, cette tenture illustre l’ensemble du récit d’Ovide : Narcisse, se penchant vers un bassin pour admirer son reflet, ne remarque pas la présence d’Écho, nymphe condamnée par Héra à ne plus parler, sauf pour répéter les derniers mots qu’elle entend.
L’occasion pour les 10 élèves sélectionnés de réinterpréter les thèmes de l’amour impossible, mais aussi celui du miroir ou de l’écho.
Leurs travaux seront visibles dans l’exposition des diplômes des étudiants de DNMADE (diplôme national des métiers d'art et du design) et de DSAA (diplôme supérieur des arts appliqués) à l'École Boulle les 21 et 22 juin 2024, sur réservation.
Manufacture des Gobelins d’après Antoine Dieu, « Narcisse et Écho » (détail), vers 1714-1736, collection Fondation Etrillard, FE.2022.006 © Christophe Fouin
La Fondation Etrillard accompagne la Fondation de l'Abbaye de Saint-Maurice dans la restauration de deux châsses du Trésor de l’Abbaye, fondée en 515 : la Grande Châsse de saint Maurice et la Châsse de l’abbé Nantelme. Ce soutien a été motivé par la politique de la Fondation Etrillard de favoriser la restauration d’œuvres témoignant de l’excellence technique et artistique des maîtres anciens et dont l’état de conservation ne permet plus leur présentation publique. La Fondation est aussi sensible aux découvertes réalisées pendant la restauration et à l’innovation qui peut en résulter.
Les travaux de restauration de la Grande Châsse de saint Maurice ont pris fin en 2021. Ils ont consisté en la dépose complète de l’épiderme du reliquaire constitué de plus de 300 ornements (plaques d’argent et d’argent doré, gemmes et pâtes de verre serties, plaquettes niellées, etc.) et de 2000 clous. Pour redonner son éclat d’origine à la Grande Châsse, le ternissement de l’argent a été réduit par nettoyage électrolytique à l’aide d’un outil innovant développé en partenariat avec la Haute École Arc de Neuchâtel : le Pleco. Enfin, les travaux de restauration de la Châsse de l‘Abbé Nantelme se poursuivront jusqu’en 2024 afin de compléter la transmission de ce patrimoine sacré et unique aux générations futures.
Grâce au soutien de la Fondation Etrillard, la Châsse de saint Maurice a retrouvé tout son sens et le public peut enfin la rédecouvir.
La Fondation Etrillard accompagne la Fondation des Monastères qui soutient la restauration d’un manuscrit enluminé unique, le Manuscrit des Heures à lusaige de Rome, conservé à l’Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, dans la Sarthe. Au début modeste prieuré de quelques moines pendant huit siècles, Saint-Pierre de Solesmes est devenue une abbaye influente au XIXème siècle sous l’impulsion de son restaurateur dom Guéranger.
Ces horae sont un ouvrage enluminé sur parchemin réalisé par Anthoine Chappiel pour l’atelier de Germain Hardouin en 1497. C’est l’un des nombreux trésors que compte la bibliothèque de l’Abbaye de Solesmes, riche de deux cent mille volumes – livres liturgiques mais également d’histoire, de littérature et d’art en général.
L’ouvrage a été restauré par La Reliure du Limousin, atelier créé en 1950 et centre de formation depuis 1990, dont les 70 artisans restaurent au quotidien les fonds anciens pour assurer la pérennité du patrimoine écrit.
L’objectif était la préservation de ce précieux opus à travers sa restauration et son conditionnement dans un écrin de protection sur mesure.
Le manuscrit a ensuite été exposé au Salon International du Patrimoine Culturel au Carrousel du Louvre (Paris) du 2 au 5 novembre 2023.
Cette restauration a fait l’objet d’une documentation complète par La Reliure du Limousin. Toutes les étapes de travail réalisées par 4 restaurateurs différents y sont décrites : débrochage manuel, nettoyage, restauration des parchemins, couture des feuillets, confection d’une tranchefile, réalisation d’une reliure neuve et d’une boîte conservation sur mesure.
Du 16 septembre au 16 décembre 2023, la Bibliothèque de Versailles présente une grande exposition mettant à l’honneur ses collections : « Trésors des Bibliothèques de Versailles ».
Cette exposition permet à la fois de présenter au public des pièces rares et inattendues (livres provenant de collections royales, des bibliothèques de personnalités historiques, objets et dessins), mais aussi de faire progresser les connaissances autour de ces pièces à travers un certain nombre de cas d’études. Des tablettes cunéiformes aux chefs-d’œuvre de la reliure contemporaine, elle présentera des trésors connus ou méconnus, à travers une série de thématiques : ancienneté, auteur illustre, provenance prestigieuse, rareté de l’édition, splendeur des matériaux et valeur esthétique.
Certains de ces livres nécessitant une restauration avant leur présentation au public, la Fondation Etrillard prend en charge la restauration de deux pièces d’une extrême rareté : les Nouvelles exemplaires de Cervantes, édition originale de 1614, exemplaire de José Maria de Heredia, ainsi que le carnet de notes d’un aide-sculpteur de Jean-Antoine Houdon.
Ces deux manuscrits se trouveront dans l’exposition aux côtés d’autres trésors, tels que le « petit livre secret » rédigé par Madame de Maintenon, l’exemplaire de La Partie de chasse de Henri IV de Charles Collé – probablement le premier livre relié aux armes de Marie-Antoinette –, ou des dessins originaux de Fragonard pour les Contes de La Fontaine.
La Fondation Etrillard et la Fondazione dell'Albero d'Oro s'associent à l'ECAL/ Ecole cantonale d'art de Lausanne et à la manufacture suisse ALCO dans l'idée de développer un ambitieux projet de recherche autour du verre. Cette collaboration unique a pour objectif de créer une rencontre entre le savoir-faire ancestral des artisans verriers basés à Murano et la créativité et esprit d'innovation des étudiants du Master Design for Luxury & Craftsmanship de l'ECAL.
Les œuvres imaginées par les étudiants et produites par les maîtres verriers, seront présentées à La Fondazione dell'Albero d'Oro en septembre prochain, lors de la Venice Glass Week 2023.
La Fondation Etrillard est heureuse de soutenir l'encadrement académique de ce projet de recherche piloté par Nicolas Le Moigne, responsable du programme à l'ECAL, et sous la direction artistique du designer Ini Archibong.
La Fondation Etrillard possède un exceptionnel guéridon en bronze doré, bronze patiné et marbre Bardiglio. Le modèle, sans doute créé sous la direction d’un marchand mercier comme Dominique Daguerre, fut vraisemblablement exécuté vers 1785-1790 par l’un des plus grands bronziers du XVIIIe siècle, François Rémond. Au moins quatre autres exemplaires sont connus, tous légèrement différents, dont deux en collections publiques : l’un au musée Nissim de Camondo, l’autre dans les collections royales espagnoles. L’exemplaire de la Fondation Etrillard a appartenu à de grands collectionneurs du XXe siècle : Arnold et Jean Seligmann, puis Helena Rubinstein.
Le guéridon de la Fondation présente une lacune : sous la table manque un alabastre, vase à parfums en forme d’amphore qui servait à parfumer la pièce.
Le guéridon du Patrimonio Nacional, propriété de l'État espagnol, est le plus complet des quatre exemplaires et le seul qui a conservé son alabastre.
Guéridon ("velador"), collection Patrimonio Nacional (Espagne), fin XVIIIème siècle, inv. 10072310
Patrimonio Nacional a pour mission d’administrer et de gérer les actifs appartenant à l’État espagnol affectés par l'utilisation et le service du Roi et des membres de la famille royale, en faisant l’un des ensembles culturels le plus importants en Europe.
Patrimonio Nacional a accordé la numérisation tridimensionnelle de l’alabastre du guéridon de sa collection royale, pour aider la Fondation Etrillard à restituer son alabastre et contribuer à une meilleure connaissance et diffusion de ses collections.
Fondée en 1886, l’École Boulle est une école de renommée internationale dans le domaine de l’artisanat d’art et de la restauration de mobilier.
Déjà partenaire de la Fondation Etrillard pour un programme pédagogique autour de sa collection d’œuvres d’art, l’École Boulle a mis à disposition deux de ses professeurs (Ébénisterie et Atelier Ciselure) pour se rendre au Palacio Real de El Pardo. Ils ont photographié et numérisé en 3D l’alabastre espagnol, afin d’en réaliser une copie en France, qui viendra compléter notre guéridon aux griffons.
Numérisation de l’alabastre espagnol par les professeurs de l’École Boulle Bastien Godinou et Guillaume Estrade
Alors que le musée de l’Armée vient d’achever la restauration de la salle Royale, l’un des quatre réfectoires emblématiques des Invalides, un nouveau chantier de rénovation s’ouvre dans la salle de l’Europe, conçue comme son pendant.
Ancien réfectoire des pensionnaires des Invalides, elle est aujourd’hui l’une des grandes salles du parcours « Armes et armures anciennes », consacrée à l’activité des grands ateliers européens de production armurière du XVIe siècle.
Dôme des Invalides © Paris – Musée de l’Armée – Anne-Sylvaine Marre-Noël
Dans le cadre de cette rénovation, la Fondation Etrillard assure le financement de la restauration de L’Allégorie de Louis XIV, surplombant l’entrée Nord de la salle. Attribuée à Michel II Corneille, exécutée à l’huile sur pierre en enduit, cette grande peinture à la fois historique et mythologique représente le roi Louis XIV accompagné de Bellone, Minerve et Victoire, se dirigeant vers la Meuse qui paraît déjà soumise.
Alors que les dernières interventions réalisées datent d’un demi-siècle, la frise est aujourd’hui en péril, victime de nombreux soulèvements de la couche picturale.
Sa restauration, d'une durée de trois ans, redonnera à voir toute son importance symbolique au sein du bâtiment régalien. Elle permettra également d’affiner les connaissances des experts du musée de l’Armée sur les différents repeints de l’œuvre, ainsi que sur les techniques picturales employées. Un dispositif de médiation accompagnera sa remise en lumière.
L’Allégorie de Louis XIV © Paris – Musée de l'Armée Dist. RMN-Grand Palais – Pascal Segrette
La Fondation Etrillard démarre un premier soutien dans le domaine de l’artisanat du numérique consistant en la production d’une image numérique en très haute résolution d’une œuvre d’art monumentale mesurant 1000 m² : le Panorama de la bataille de Morat. Cette œuvre, réalisée par le peintre allemand Louis Braun (1836-1916) en 1893 commémore la victoire suisse contre l’armée du duché de Bourgogne en 1476. Elle a été très rarement exposée en raison de sa grande taille et a disparu depuis longtemps de la conscience publique en Suisse.
Sarah Kenderdine, professeur de muséologie numérique à l'EPFL et directrice du laboratoire de muséologie expérimentale, présente le projet dans la vidéo ci-contre.
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DigiPan est mené par le laboratoire de muséologie expérimentale de l’EPFL (eM+) en association avec des ingénieurs, des historiens et des spécialistes de l'archivage numérique. Il constitue la production d’un des plus grands ensembles de données jamais créés pour un seul objet dans le monde (1600 giga pixels = 1,6 térapixels).
La Fondation Etrillard contribuera à sortir de l'ombre cette peinture à partir de sa conservation numérique et de sa valorisation. Elle soutient la création de la base de données qui permettra l’exploitation du jumeau numérique qui réunit l'image, ainsi que 3 types de contenu additionnel : son, objets 3D pour animation et données tirées des archives.
En accompagnant ce projet, la Fondation Etrillard poursuit sa mission de mettre en lumière des trésors de notre patrimoine avec une démarche innovante pour le public du XXIème siècle.
La partie prise d’images sur le panorama original s’est terminé en octobre 2023, ce dernier est donc retourné au dépôt de l’armée suisse. De novembre 2023 à décembre 2023, l’EPFL a entrepris la phase de post-processing de l’image. Une session de démonstration est prévue en avril 2024 avec les partenaires muséaux et donateurs.
Enfin le projet DigiPan a été accepté au Guiness World Record pour la catégorie de la plus grande image.
Explorez le Panorama de la Bataille de Morat grâce au site web terapixelpanorama.ch.
Tout comme l’édifice qui l’abrite, l’histoire des orgues de la cathédrale Saint-André de Bordeaux est multiséculaire. Il est fait mention d’un orgue dès le début du XIVe siècle. Depuis lors, plusieurs instruments se sont succédés de manière quasi ininterrompue jusqu’à nos jours. L’orgue actuel a été construit dans les années 1970 dans un imposant buffet classé Monument Historique parmi les plus vastes de France dans ses lignes du XVIIIe siècle. Outil d’une riche vie musicale pendant près de 40 ans, cet instrument a souffert dès son installation à la cathédrale de nombreux problèmes de réalisation et d’entretien.
Cet orgue va ainsi faire l’objet d’une reconstruction complète, accompagnant le renouveau culturel de l’édifice et couronnant sa restauration intérieure. Il retrouvera sa splendeur grâce à l’action de l’association Cathedra, devenue l’un des principaux acteurs culturels de la métropole bordelaise.
Excellence, exigence, qualité acoustique et des matériaux, créativité et innovation seront les maîtres-mots de cette réalisation.
La Fondation Etrillard est heureuse de contribuer, aux côtés de l’État français, des collectivités territoriales et d’autres mécènes, à ces importants travaux, au montant global de plus de 3 millions d’euros. Les travaux, d’une durée de 3 ans, seront lancés à l’hiver 2024, en parallèle à la restauration intérieure de la nef de la cathédrale. La Fondation accompagne à cette occasion la saison musicale de la cathédrale de Bordeaux.