La Fondation Etrillard a décidé de soutenir l'Ensemble Correspondances, sous la direction de son chef Sébastien Daucé, afin d’enregistrer des chefs-d'œuvre méconnus du grand public, parmi lesquels les Histoires sacrées de Marc-Antoine Charpentier. Ces Histoires sacrées opèrent une synthèse entre les styles italiens et français, démarche caractéristique du compositeur et qui fait toute son originalité dans le paysage baroque du XVIIème siècle.

Avec la contribution à l'acquisition du fonds Irvin Penn, la Fondation Etrillard a souhaité renforcer la collection historique de la MEP, dont la politique d'acquisition privilégie les artistes vivants. Si certaines séries d’Irving Penn étaient déjà bien représentées dans la collection de la MEP d’autres séries de l’artiste l’étaient insuffisamment, voire tout à fait absentes. Parmi celles-ci, quelques-unes des toutes premières photographies d’Irving Penn, dont plusieurs rares vintages, réalisées dans les années 1939- 1945 à New York, dans le sud des États-Unis, au Mexique ou en Italie à la fin de la guerre. Elles reflêtent son intérêt précoce pour les sujets vernaculaires et le style documentaire de l’époque. Parmi les portraits qui rejoignent la collection de la MEP, un ensemble rare de la série des « Corner portraits » où l’on retrouve des icônes telles qu’Edith Piaf, Elsa Schiaparelli ou Le Corbusier dans une mise en scène originale pensée par Penn. Par ce soutien, la Fondation Etrillard a souhaité enrichir la collection de la MEP avec les oeuvres d'un artiste qui s'inscrit dans la continuité de la tradition picturale.

Soucieuse de rapprocher la musique des publics empêchés, la Fondation Etrillard s'est associée en 2019 à l'Orchestre de Chambre de Genève pour amener des personnes en situation de handicap ou de précarité aux concerts de l’orchestre. Cette initiative a été menée conjointement avec des acteurs sociaux de la ville de Genève (les fondations Clair Bois, Partage et Pro Juventute). En 2021, la Fondation Etrillard a renouvelé son soutien à l’OCG en rendant les répétitions de l’Orchestre accessibles aux résidents d’Aigues-Vertes, un village accueillant des personnes vivant avec une déficience intellectuelle. En plus de ces répétitions, la Fondation a aussi soutenu des ateliers participatifs (ateliers de musique de chambre, ateliers boomwhakers) pour les villageoises et villageois handicapés. Par ces actions, la Fondation Etrillard renforce son engagement en faveur de l'accessibilité des publics éloignés de la musique en Suisse.

En Chœur est un partenariat fondateur pour la Fondation Etrillard dans le domaine de l'accessibilité à la musique. Ce projet comporte deux volets : une série de cours d'initiation au chant, animés par des instrumentistes et un chef de choeur, et un concert final. Pendant trois mois, des instrumentistes de musique classique organisent des répétitions hebdomadaires pour des détenus de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis. Ces séances sont l’occasion de découvrir différents instruments de musique. A la fin du cycle de cours, les élèves chantent, et les instrumentistes invités les accompagnent. Le concert se joue en prison, en restant accessible au maximum de personnes possibles (personnels, intervenants, invités, détenus).

À cette occasion symbolique, la musique rentre en détention et le chant en sort, pour un moment.

La Fondation Etrillard poursuit avec enthousiasme ce programme initié en 2018, malgré les contraintes liées au contexte sanitaire.

La Fondation Etrillard a souhaité accompagner la violoncelliste Hermine Horiot afin d'apporter un éclairage supplémentaire et inédit à l’œuvre de la compositrice Rita Strohl, largement méconnue. À la suite de sa rencontre avec la pianiste Hélène Fouquart, Hermine Horiot s’est plongée dans la Grande Sonate dramatique « Titus et Bérénice », oeuvre monumentale de la compositrice bretonne. Une captation est née de cette rencontre artistique et amicale : les deux musiciennes explorent les quatre mouvements de cette Sonate et l’associent à Solitude de la même Rita Strohl, brève mélodie pour violoncelle et piano et véritable joyau méconnu. Par le soutien à cette captation, la Fondation Etrillard poursuit son engagement en faveur d'une diffusion moderne de la musique à travers la vidéo, où la relation entre musique et image est centrale.

Quelques mots d’Hermine Horiot et d'Hélène Fouquart à l’issue de ce projet : « Cette captation des oeuvres de Rita Strohl restera pour nous une grande aventure musicale mais aussi humaine. Enregistrer cette musique aussi puissante qu’injustement méconnue, qui fût à l’origine de notre amitié, restera parmi nos plus beaux moments vécus grâce à la musique. Cet instant suspendu, hors du temps et de la férocité du monde, n’aurait pas existé sans le soutien de la Fondation Etrillard».

Avec l’École du Louvre, la Fondation Etrillard a décidé de soutenir, via le Fonds de dotation, une recherche originale consacrée aux liens et correspondances entre arts du passé et arts du présent. Le mécénat de la Fondation Etrillard se traduit par l’attribution d’une bourse à un élève de troisième cycle pendant ses trois années de thèse (2021-2024 ; 2024-2027). Ce projet s’inscrit au cœur de la mission de la Fondation, à savoir créer des passerelles entre la tradition et la culture européennes et le monde contemporain. Les fruits de cette recherche doctorale sont valorisés grâce à l’organisation de cours d’été donnés par le doctorant à des auditeurs libres, ainsi que par la publication d’un article scientifique dans les Carnets de l’École du Louvre.

En parallèle du financement de cette bourse doctorale, la Fondation Etrillard soutient également une « bourse de vie ». Elle permet d’aider à un élève à accomplir son premier cycle d’études dans des conditions propices à sa réussite. Par le soutien à cette bourse, la Fondation poursuit son engagement en faveur de l’accesibilité à l’art pour des personnes en situation de précarité.

En 2024, la seconde bourse « Arts du passé / Arts du présent » revient à Jérôme Papadopoulos, étudiant en Post-Master de recherche en histoire de l’art, archéologie et muséologie à l’École du Louvre.

Sa thèse intitulée Les Nabis après les Nabis poursuit un travail entamé lors de son mémoire de fin de deuxième cycle à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) sous la direction de Denis Laoureux. Son intention est d’étudier les postérités nabies sous un angle sociohistorique et formel après 1900, date retenue de la dissolution du groupe. Cette thèse est co-encadrée par Claire Barbillon (directrice de l’École du Louvre) et Léa Saint-Raymond (directrice de l’Observatoire des humanités numériques de l’ENS-PSL).

« Ces questions [des héritages et sociabilités nabies] étaient jusqu’ici restées au stade de l’hypothèse dans la littérature scientifique, à l’exception des travaux de Claire Barbillon sur la question des liens entre les Nabis et l’École de Beuron. Il s’agit d’une des nombreuses tendances post-nabies, dont tant d’autres restent à étudier. L’intérêt de cette recherche, dont le désir a été formulé dès 1998 par Guy Cogeval dans un entretien, mais non réalisée jusqu’ici, est de comprendre l’histoire des Nabis après la dissolution du groupe : une histoire résolument transnationale, sociale et esthétique, dont les postérités remontent du XXe siècle jusqu’à nos jours, créant ainsi un dialogue entre Arts du passé / Arts du présent. » explique Jérôme Papadopoulos.

La première Bourse de recherche doctorale « Arts du passé/Arts du présent » de la Fondation Etrillard a été décernée à Clara Lespessailles, élève de troisième cycle de l’École du Louvre, sélectionnée par un jury composé de personnalités scientifiques des institutions partenaires.

Suite à l’obtention du diplôme de premier cycle à l’École du Louvre en spécialité « Arts du XIXe – début du XXe siècle », Clara Lespessailles soutient un mémoire de recherche de 2ème cycle sur « Le Centaure dans les arts (XIXe -XXe siècles) : permanence ou rupture ? ». Cette première recherche éveille chez elle un intérêt particulier pour la démarche diachronique dans les arts et pour le phénomène de réception esthétique au XIXe siècle.

Actuellement doctorante à l’École du Louvre et à l’École Pratique des Hautes Etudes sous la direction de François-René Martin et d’Isabelle Saint-Martin, sa thèse interroge « Les primitivismes chez les élèves d’Ingres, entre 1830 et 1870 ».

Elle explore les enjeux globaux de l’évolution du goût et des transferts culturels en Europe, et de manière plus précise les questions de la réception et de l’appropriation esthétique de courants de peinture anciens par le groupe d’artistes choisi, dans un contexte politique, social et artistique où le retour au passé est érigé en véritable programme. Ce travail de recherche requiert d’identifier les sources visuelles des artistes, allant de leur provenance à leur interprétation et à leur usage, afin de comprendre les raisons de cette réactualisation de l’art ancien.

Hippolyte Flandrin, "Jésus-Christ et les petits enfants", 1837, esquisse, Musée des Beaux-Arts de Lyon

L’étude du corpus d’œuvres, compte tenu de leur quantité et de leur dissémination en Europe, a nécessité un nombre important de déplacements non seulement en France, au sein d’églises et d’institutions muséales comme à Montauban, à Besançon et à Nantes, mais aussi à l’étranger (Munich, Berne, Neuchâtel…) en raison de l’expansion européenne du phénomène primitiviste. L’étude des peintres nazaréens en Allemagne ou des puristes en Italie a été nécessaire à une meilleure re-contextualisation et compréhension du primitivisme.

La première année a privilégié d’une part la collecte de sources primaires, à savoir l’exploration de fonds d’archives, présents notamment à Paris et en Île-de-France et en région (carnets, écrits, journaux, correspondances des artistes), afin de retracer le parcours des artistes et de traquer tous éléments de sources anciennes susceptibles d’avoir joué un rôle dans la genèse de leurs œuvres. En outre, un séjour à Rome et à Florence lui a été indispensable pour accéder aux sources bibliographiques et archivistiques au sein d’institutions telles que la Villa Médicis, l’École française de Rome en encore la bibliothèque Hertziana.

Outre la confrontation avec les œuvres et l’étude des sources, ces voyages ont été une opportunité de rencontres avec des professionnels et des chercheurs, autant d’occasions d’ouvrir des perspectives et des pistes nouvelles pour enrichir le sujet.

En parallèle de cette thèse, Clara Lespessailles participe à un projet de constitution d’archives orales sur l’histoire des pratiques pédagogiques au sein de l’école des Beaux-Arts de Paris (de 1960 à nos jours).

Enfin, elle assure depuis 2020 les cours de travaux pratiques de la spécialité « Arts du XIXe – début du XXe siècle » à l’École du Louvre.

Le site de Kanadenn, portée par le ténor Kaëlig Boché, contribue à mieux faire connaître la musique classique bretonne. La plateforme s'enrichira au fil du temps grâce à des productions audiovisuelles exclusives, dont le premier film « Mélodies Françaises de Bretagne- premier cahier » sponsorisé par la Fondation Etrillard. Ce premier film réunit 20 mélodies des compositrices et compositeurs bretons parmi lesquels Rita Strohl, Louis Aubert, Joseph-Guy Ropartz et Paul Le Flem et y présente plusieurs inédits. Trois jeunes et brillants duos chant-piano, ayant reçu les précieux enseignements de la pianiste Anne Le Bozec au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, ont répondu à l’invitation de ce concert-captation.

Avec ce projet, la Fondation Etrillard contribue à la transmission et diffusion d'un répertoire méconnu auprès d’un public plus large.

La Fondazione dell’Albero d’Oro naît en 2019 dans le but de faire vivre et animer le Palazzo Vendramin Grimani, demeure historique surplombant le Grand Canal, propriété d’illustres familles vénitiennes et demeure du doge Pietro Grimani au 18ème siècle.

Ouvert au public en 2021, la Palazzo abrite aujourd’hui la Fondazione dell’Albero d’Oro qui, avec le soutien de la Fondation Etrillard, souhaite faire de cette demeure historique un véritable observatoire vivant, un nouveau lieu de transmission, d’étude et d’échange artistique et culturel ouvert à tous ceux qui aiment Venise, la vivent et la fréquentent, qu’ils soient résidents, étudiants ou voyageurs internationaux.

Fondazione dell’Albero d’Oro, Palazzo Vendramin Grimani © Patrick Tourneboeuf

Tout au long de l’année, la Fondazione dell’Albero d’Oro propose des activités variées qui consistent principalement à produire et présenter des expositions, à organiser des évènements, conférences, débats et présentations de livres, ainsi que des rencontres entre divers acteurs de la vie universitaire et culturelle vénitienne. 

Le Palazzo Vendramin Grimani, demeure sur le Grand Canal et fenêtre sur le monde, s’ouvre à des artistes en résidence qui reconnaissent cette ville comme un point de référence de départ et de destination de ce voyage – réel ou imaginaire – qui relie l’Orient et l’Occident.

Exposition «Bosco Sodi a Palazzo Vendramin Grimani. What Goes Around Comes Around», Fondazione dell’Albero d’Oro © Laziz Hamami

La Fondation Etrillard est membre fondateur de la Fondazione dell’Albero d’Oro, et l’accompagne à travers diverses actions ayant pour objectif le rayonnement de la ville de Venise et de son histoire.

La Fondation Etrillard contribue à redonner vie à ce palais en concédant des prêts d’œuvres de sa propre collection. Ces prêts mettent en avant l’esprit du collectionneur qui fut celui de ses propriétaires. Le parcours de visite est organisé autour de la confrontation d’expressions artistiques passées et présentes. Ainsi, les tapisseries de la Fondation Etrillard dialoguent avec des photographies, des aquarelles ou encore des installations contemporaines au sein du Palazzo Vendramin Grimani.

La Fondation Etrillard soutien l'association Elles – Women Composers avec laquelle elle partage la volonté de faire redécouvrir notre patrimoine de manière innovante.

Parmi les projets soutenus, la Boîte à Pépites offre ainsi au public la possibilité de découvrir la vie et l'oeuvre des compositrices à travers le dessin et l’animation. La fondation soutient également le festival Un Temps pour Elles, qui comprend une édition estivale, une édition hivernale numérique, ainsi que la diffusion de concerts qui rendent hommage au répertoire des compositrices méconnues.

La Fondation Etrillard soutient l’exposition « Ovide dans le Jura, l’étonnante histoire d’un papier peint » organisée par le Musée National Suisse. Cette exposition temporaire est centrée sur un chef-d’œuvre des collections du Musée National suisse : un très rare salon en papier peint des années 1790 provenant d’une célèbre manufacture parisienne. Cet ensemble a été retrouvé fortuitement dans les années 1950 dans une ferme du Jura. Pour raconter l’étonnante histoire de cet objet, le musée a fait appel à une illustratrice de bande dessinée.

Le sujet de ce papier peint – les Métamorphoses d'Ovide – et cette médiation originale ont motivé le soutien de la Fondation Etrillard à cette exposition. Celui-ci se concrétise par la mise en place de 30 ateliers d’initiation à la bande dessinée à destination des écoles et des familles.
Aux côtés du Château de Prangins, la Fondation Etrillard souhaite initier les jeunes générations à la mythologie classique, et les sensibiliser à l'art de la bande dessinée.