La Fondation Etrillard s’associe au Kunsthaus de Zurich dans le cadre de l’exposition « Vilhelm Hammershøi. L’attention au silence » du 3 juillet au 25 octobre 2026.

Le Kunsthaus de Zurich met en lumière l’œuvre de Vilhelm Hammershøi (1864-1916). Avec plus de cinquante tableaux de l’artiste danois, cette rétrospective exceptionnelle offre une plongée dans l’univers du peintre. À travers ses intérieurs silencieux, ses lumières diffuses et ses nuances infiniment subtiles, il a construit une œuvre énigmatique, profondément singulière. Bien qu’encore méconnue, elle est aujourd’hui considérée comme l’une des plus fascinantes de la modernité européenne.

Vilhelm Hammershøi, Intérieur avec femme au piano, Strandgade 30, 1901, huile sur toile, 55,9 x 45,1 cm, Collection privée. © Bruno Lopes
 

Surnommé le « Vermeer du Nord », Vilhelm Hammershøi a peint inlassablement des intérieurs calmes où le temps semble s’être arrêté. Parmi les motifs qu’il reproduit fréquemment figurent sa femme Ida, le plus souvent présentée de dos dans leur appartement de Copenhague, comme il était déjà coutume à la période romantique, ou encore la fenêtre. Élément qui permet de donner une structure à la composition, celle-ci offre à Hammershøi l’occasion de créer des jeux entre l’intérieur et l’extérieur : il subtilise à la fenêtre sa fonction première, qui est de laisser voir le dehors. Les fenêtres de ses tableaux sont en effet opaques et privent le spectateur de ce qui se trame de l’autre côté. Néanmoins, les vitrages filtrent les rayons de lumière, créant des ombres portées sur les espaces intérieurs ainsi que des nuances de couleurs.

Vilhelm Hammershøi, Paysage, vue depuis Lejre, 1905, huile sur toile, 54,5 x 80,5 cm, Daniel Katz Gallery, Londres © Daniel Katz Gallery, Londres

Outre les tableaux d’intérieur, Vilhelm Hammershøi a également réalisé des peintures d’espaces ruraux et de paysages extérieurs. Traités à la manière de ses scènes d’intérieur, ces paysages ruraux dépeuplés magnifient le calme et le mutisme naturel. Absente au premier abord, la présence humaine se révèle discrètement au travers d’une fumée de cheminée ou d’une route au lointain. Rythmant les compositions grâce aux arbres ou aux collines, ces paysages sont nimbés d’une atmosphère onirique, créée par les nuances de couleurs qui façonnent un voile lumineux singulier. Racontés comme des lieux silencieux, ses intérieurs comme ses paysages invitent à la contemplation et au recueillement.

Publié en allemand et en anglais, le catalogue de l’exposition est soutenu par la Fondation Etrillard. Au fil des pages, le lecteur plonge dans un univers énigmatique où les suppositions dominent, puisque Vilhelm Hammershøi n’a laissé que peu d’informations sur son œuvre, et a même brûlé sa correspondance. Un peintre insaisissable, dont l’œuvre traverse les époques dans un silence habité.

La Fondation Etrillard s’associe au Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, en soutenant son exposition Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière, du 16 septembre 2025 au 25 janvier 2026.

Le Petit Palais rend hommage à Jean-Baptiste Greuze (1725-1805) à l’occasion du 300ème anniversaire de sa naissance. Peintre de l’âme, célèbre pour ses portraits et ses scènes de genre, Greuze est l’une des figures les plus importantes et les plus audacieuses du XVIIIe siècle. Aujourd’hui méconnu, il fut en son temps acclamé par le public, courtisé par les collectionneurs et adulé par la critique, Diderot en particulier. Cependant, le peintre est aussi l’un des artistes les plus singuliers de Paris. Esprit frondeur, il ne cesse de réaffirmer sa liberté de création et la possibilité de repenser la peinture en dehors des conventions.

Greuze, « Jeune berger qui tente le sort pour savoir s’il est aimé de sa bergère », 1760-1761, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris // Portrait de la fille de l’artiste, Anne-Geneviève « Caroline » Greuze, 1766 © Collection particulière

Rarement peintre n’a autant représenté les enfants que Greuze, sous forme de portraits, de têtes d’expression ou dans ses scènes de genre : candides ou méchants, espiègles ou boudeurs, amoureux ou cruels, concentrés ou songeurs, ballotés dans le monde des adultes, aimés, ignorés, punis, embrassés ou abandonnés. Tel un fil rouge, ils sont partout présents, tantôt endormis dans les bras d’une mère, tantôt envahis par une rêverie mélancolique, tantôt saisis par la frayeur d’un évènement qui les dépasse. Le parcours les met en lumière autour de sept sections, de la petite enfance jusqu’aux prémices de l’âge adulte.

La centralité du thème de l’enfance dans la peinture de Greuze se fait le miroir des grands enjeux du XVIIIe siècle. Le nouveau statut de l’enfance – désormais considérée comme un âge à part entière –, les débats sur le recours aux nourrices, la place de l’enfant au sein de la famille ou encore l’importance de l’éducation sont en effet les préoccupations des pédagogues et philosophes de son temps.

Greuze, « Petit garçon au gilet rouge », vers 1775, Musée Cognacq-Jay, Paris // « Enfant qui joue avec un chien (portrait de Louise-Gabrielle Greuze) », 1767 © Collection particulière

L’exposition propose ainsi de redécouvrir son œuvre à partir d’une centaine de peintures, dessins et estampes, provenant des plus grandes collections françaises et internationales, avec des prêts exceptionnels du musée du Louvre (Paris), du musée Fabre (Montpellier), du Metropolitan Museum of Art (New York), du Rijksmuseum (Amsterdam), des Galeries Nationales d’Écosse (Édimbourg), des collections royales d’Angleterre, ainsi que de nombreuses collections particulières.

Le commissariat de l’exposition a été assuré par Annick Lemoine, conservatrice générale du patrimoine et directrice du Petit Palais, Yuriko Jackall, directrice du département de l’art européen & conservatrice “Allan et Elizabeth Shelden” en charge des peintures européennes au Detroit Institute of Arts, et Mickaël Szanto, maître de conférences, Sorbonne Université.

Greuze, « Les Œufs cassés », 1756, The Metropolitan Museum of Art, New York © GrandPalaisRmn / Photo Malcom Varon

Au sein de son pôle de mécénat autour des arts, la Fondation Etrillard accompagne la redécouverte d’œuvres, d’artistes ou de courants artistiques méconnus du grand public. L’exposition Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière permet de remettre en valeur un peintre majeur du XVIIIe siècle et sa manière audacieuse de représenter la sphère intime et familiale.

Dans ce même souci de redécouverte, la Fondation a soutenu les expositions : La séduction de la couleur. Andrea Solario et la Renaissance entre l’Italie et la France au Museo Poldi Pezzoli à Milan (2025), Figures du fou. Du Moyen Âge aux romantiques au musée du Louvre (2024-25), Harriet Backer. La musique des couleurs (2024-25) ou encore Louis Janmot. Le Poème de l’âme (2023-24), toutes deux au musée d’Orsay à Paris.

Greuze, « La Femme en colère », vers 1785, The Metropolitan Museum of Art, New York © GrandPalaisRmn / Image of the MMA

Construit pour l’Exposition universelle de 1900 au cœur du triangle d’or, le Petit Palais offre un panorama de la création artistique de l’Antiquité au début du XXème siècle. Il est renommé pour ses collections de vases grecs, d’objets d’art de la Renaissance, de peintures hollandaises, et ses chefs-d’oeuvre du XIXème siècle français, de Géricault à Courbet en passant par Cézanne.

Ce joyau architectural de la Belle Époque présente chaque année de grandes expositions d’envergure internationale, parmi lesquelles Le Paris de la Modernité, 1905-1925, attirant 278 702 visiteurs ou Sarah Bernhardt. Et la Femme créa la Star en 2023, Boldini. Les plaisirs et les jours en 2022, attirants près de 116 200 visiteurs, ou encore Ilya Répine (1844-1930). Peindre l’âme russe.

Dès la rentrée universitaire 2025-2026, l’École du Louvre proposera de s’inscrire à un tout nouveau cours sur les arts et l’archéologie du judaïsme, grâce au soutien de la Fondation Etrillard.

La Fondation Etrillard a en effet conclu un partenariat d’une durée de six ans pour permettre le financement de cette nouvelle chaire de spécialité, dont les cours seront ouverts aux élèves de 1er cycle et aux auditeurs libres.

Ms 512.fol 339 verso — Grandes chroniques de Saint-Denis. « Louis X le Hutin recevant des Juifs et leur remettant un diplôme », XIVe siècle. Bibliothèque municipale de Toulouse

L’École du Louvre propose à ses élèves de 1er cycle et à ses auditeurs libres de suivre des enseignements répartis en « chaires de spécialité », chargées d’approfondir un domaine précis en trois ans. Ces chaires de spécialité étaient jusqu’à présent au nombre de trente-et-une.

Trente-deuxième cours de spécialité, celui sur les arts et à l’archéologie du judaïsme répond à une double intention : d’une part donner à connaître et à apprécier les fruits des travaux des archéologues et des historiens de l’art, les collections publiques et plus largement les patrimoines des mondes juifs, dans leur diversité de l’Antiquité à nos jours. D’autre part, former de futurs spécialistes pour les collections de judaïca des musées de France, peu connues et encore souvent mal étudiées, et pour le riche patrimoine architectural du judaïsme.

Jean Lubin Vauzelle, « Intérieur de la synagogue de Bordeaux avec son architecte, A. Corcelles », Huile sur toile, Bordeaux, vers 1812 © Christophe Fouin, mahJ

Cette nouvelle chaire de spécialité est destinée aux étudiants de licence de l’École du Louvre sous forme de cours organique, de cours de synthèse et de travaux pratiques. Le cours organique a la particularité d’être également ouvert aux auditeurs libres.

Le cours organique confié à Dominique Jarassé s’intitule Un art sans territoire ? Synagogues, une architecture de l’identité juive. Ce cours d’une durée totale de 20 heures est directement lié à l’actualité de la recherche.

Le cours de synthèse, construit de manière cyclique sur trois années (à raison de 20 heures de cours par an), couvre divers domaines (archéologie, judaïca, patrimoine bâti). Il est donné à la rentrée 2025 par Paul Salmona et porte sur l’archéologie du judaïsme antique et médiéval.

Enfin les travaux pratiques, dont le programme est en lien étroit avec le cours organique, sont assurés par Anaëlle Gobinet-Choukroune. Ces cours visent à faciliter l’assimilation des connaissances et à travailler la méthodologie appliquée à la spécialité choisie.

Le choix des enseignants a été assuré par la direction et la direction des études de l’École du Louvre, en lien avec la direction du musée d’art et d’histoire du Judaïsme.

Le projet de création d’une chaire consacrée aux arts et à l’archéologie du judaïsme s’inscrit pleinement dans la mission de la Fondation Etrillard, puisqu’elle œuvre à révéler et valoriser la pertinence de l’héritage culturel, en particulier européen, dans le monde contemporain. Il s’agit en effet, en suscitant et en soutenant la recherche académique, de favoriser la transmission des savoirs, la redécouverte et la préservation du patrimoine et des œuvres liés à l’histoire et à la culture juives.

La Fondation est honorée de contribuer à un domaine de connaissances fondamental pour la compréhension de l’histoire et de l’histoire de l’art, domaine qui ne connaît pas à ce jour de chaire d’enseignement supérieur en France, contrairement à certains de nos voisins européens.

« Cette chaire nous est apparue comme indispensable, car elle vient combler un manque entre les spécialisations existantes sur l’art de l’Islam et celui des chrétiens d’Orient. Nous espérons que les étudiants et auditeurs seront nombreux à s’y inscrire », déclare Miguel Perez de Guzman, délégué général de la Fondation Etrillard.

La Fondation Etrillard soutient également l’École du Louvre via la Bourse de recherche doctorale « Arts du passé / Arts du présent » ainsi que des bourses de vie pour aider les étudiants en situation de précarité.

Pour s’inscrire aux cours Arts et archéologie du judaïsme en auditeur libre, cliquez sur ce lien : www.ecoledulouvre.fr

Léon Weissberg, « Entraygues, le chemin », Entraygues, France, 1942 © mahJ / Christophe

La Fondation Etrillard est heureuse de nouer son premier partenariat avec l’École nationale des chartes – PSL, établissement bicentenaire de référence pour la formation des archivistes, chercheurs et conservateurs du patrimoine, des musées et des bibliothèques.

Les deux institutions ont créé ensemble le « Prix de thèse Fondation Etrillard » afin de récompenser le travail de recherche d’un étudiant sur une thématique chère à la Fondation, telles que la redécouverte de savoirs méconnus, la mise en lumière d’un pan de l’histoire européenne ou la continuité entre arts du passé et arts du présent.

La thèse d’École consiste en un travail de recherche scientifique effectué par l’élève sur les trois dernières années de son cursus d’archiviste paléographe ; soutenue devant un jury scientifique, elle permet de valider son diplôme.

Un appel à candidature a été promulgué auprès des élèves de l’École nationale des chartes – PSL de janvier à février 2025. Un jury composé de membres de la Fondation Etrillard et de l’École sélectionnera plusieurs sujets parmi les thèses candidates de l’année en cours. Après étude et commission de décision du jury, un lauréat se verra remettre le Prix de Thèse Fondation Etrillard doté de 8000 euros, lors d’une cérémonie en juin 2025.

Fondée en 1821, l’École nationale des chartes – PSL est un grand établissement d’enseignement supérieur et de recherche.

Établissement-composante de l’Université de rang mondial Paris Sciences et Lettres (PSL), elle est une institution de référence pour la formation des chercheurs, archivistes et conservateurs des bibliothèques et du patrimoine. Son enseignement de haut niveau est tourné vers l’analyse des documents de toutes sortes (matériaux archéologiques, livres, écrits, œuvres d’art, supports audiovisuels et électroniques, etc.) ainsi que vers les technologies numériques associées. 

La Fondation de l’École des chartes – PSL a pour mission de soutenir et promouvoir les enseignements et la recherche de l’École et de ses partenaires.

La Fondation Etrillard est mécène de l’exposition « La séduction de la couleur. Andrea Solario et la Renaissance entre l’Italie et la France » au Museo Poldi Pezzoli à Milan.

Présentée du 26 mars au 30 juin 2025, cette exposition propose de redécouvrir le génie du maître de la Renaissance lombarde Andrea Solario (1465-1524), à l’occasion du 500ème anniversaire de sa mort. Le musée Poldi Pezzoli accueillera des œuvres exceptionnelles provenant de prestigieuses collections internationales, avec la collaboration scientifique du musée du Louvre.

Andrea Solario, « Repos pendant la fuite en Égypte », 1515, Milan, Museo Poldi Pezzoli (détail)

L’exposition réunit pour la première fois une sélection d’environ 36 œuvres provenant de collections prestigieuses d’Italie, de France et d’Angleterre.

Ces chefs-d’œuvre révèlent la maîtrise technique et l’évolution stylistique d’un artiste influencé par de grands maîtres tels que Giovanni Bellini, Antonello de Messine et Léonard de Vinci.

Andrea Solario, « Portrait de Charles d’Amboise, maréchal de France, gouverneur de Milan en 1500 et protecteur des peintres », vers 1510-1511,Paris, Musée du Louvre, © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Franck Raux (détail)

Ce projet met en lumière l’importance de la couleur dans l’art de Solario, et révèle comment son style s’est nourri de l’interaction culturelle franco-italienne.

Le Museo Poldi Pezzoli a mené d’importantes analyes scientifiques afin de mieux comprendre les pigments, matériaux et techniques du maître. Les peintures ont été soumises à des radiographies, des réflectographies et des analyses infrarouges qui ont révélé des détails inconnus jusqu’alors. Ces études ont été comparées à celles menées par le Centre de recherche et de restauration des musées de France, offrant de nouvelles interprétations sur l’utilisation du clair-obscur et des couleurs émaillées typiques de l’artiste.

Parallèlement, six œuvres ont été restaurées : cinq à Milan, dont le Portrait d’une dame au Castello Sforzesco, et une au Louvre, où la Madone au coussin vert a retrouvé sa luminosité d’origine.

Andrea Solario, « Madone allaitant l’enfant (Madone au coussin vert) », vers 1510, Paris, Musée du Louvre © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado (détail)

Le Museo Poldi Pezzoli, ouvert en 1881, était la maison de Gian Giacomo Poldi Pezzoli (1822-1879), collectionneur passionné de peintures, sculptures, tapis, dentelles, armes et armures ou encore bijoux. Une collection extraordinaire enrichie au fil du temps par des acquisitions et des donations importantes.

Le musée abrite des chefs-d’œuvre de Pollaiuolo, Mantegna, Botticelli, Raphaël, Piero della Francesca, Tiepolo, Canaletto et Hayez. En outre, il conserve des collections étonnantes de verre de Murano, de porcelaine, de cadrans solaires et d’horloges.

Le Museo Poldi Pezzoli est ainsi l’une des maisons-musées les plus renommées, ancrée dans le paysage culturel milanais.

L’ambition de La Cité Bleue est de promouvoir la création de spectacles réunissant les plus grands artistes de la musique, du théâtre, de la danse, des arts visuels et du cirque. Confiée à la direction du claveciniste et chef d’orchestre suisse-argentin Leonardo García Alarcón, La Cité Bleue propose des opéras de poche, des récitals de musique de chambre, du théâtre musical, des activités pédagogiques, des formes hybrides par une approche innovante de ces disciplines. 

Après des années de fermeture pour travaux, La Cité Bleue a inauguré le 9 mars 2024 à Genève sa nouvelle salle entièrement rénovée, dotée d’une technologie acoustique unique en Suisse. La Fondation Etrillard participe à la saison inaugurale en tant que mécène du spectacle Amour à mort.

Reprenant l’histoire de Tancrède et Clorinde mise en poème à la fin du XVIe siècle par Torquato Tasso dans La Jérusalem delivrée, Amour à mort se situe au carrefour du madrigal, de l’opéra et de l’intermède. Réunissant une série de pièces de Claudio Monteverdi et d’autres compositeurs de la Renaissance et de l’époque baroque, la musique rythme les actions sur scène auxquelles participent acteurs, musiciens et chanteurs. Grâce à la magistrale mise en scène de Jean-Yves Ruf et à la brillante direction musicale de Leonardo García Alarcón, Amour à mort donne vie à une histoire émouvante d’amour et de mort tragique.

Le valeureux chevalier chrétien Tancrède aperçoit une femme maure au bord d’un point d’eau. Il en tombe immédiatement amoureux. Elle s’appelle Clorinde et c’est une guerrière redoutable. Il la cherche à chaque bataille, va jusqu’à tenter de la protéger, jusqu’au jour où Clorinde change d’armure, voulant passer inaperçue. Tancrède ne la reconnait pas et la blesse à mort, croyant affronter un guerrier inconnu.

Manufacture du faubourg Saint-Germain, « Olinde et Sophronie délivrés par Clorinde », vers 1650, Collection Fondation Etrillard, inv.FE.2021.006 © Christophe Fouin

La Fondation Etrillard possède dans sa collection quatre tapisseries illustrant l’histoire de La Jérusalem délivrée. En écho à l’intrigue du spectacle, la Fondation a mis à la disposition de La Cité Bleue des numérisations de très haute qualité de deux de ces tapisseries, ainsi qu’une série de trois vidéos explicatives sur ces œuvres du XVIIe siècle. 

Grâce à ce contenu et au soutien de la Fondation Etrillard, La Cité Bleue propose à ses visiteurs un programme de médiation autour des tapisseries sur la table tactile accessible à tous les visiteurs, notamment le jeune public, dans son hall d’entrée. Une manière de prolonger le concert par une expérience inédite et ludique, mêlant musique et histoire de l’art.

La Bibliothèque nationale de France présente l’exposition L’invention de la Renaissance, l’humaniste, le prince et l’artiste, du 20 février au 16 juin 2024 dans la galerie Mansart – galerie Pigott du site Richelieu, à Paris.

La Fondation Etrillard est heureuse de s’associer pour la première fois à la Bibliothèque nationale de France (BnF) afin de soutenir cette exposition consacrée à cette épopée culturelle et ce moment décisif dans l’avènement de notre modernité, où littérature et art occupent une place maîtresse. Une époque marquée par un nouveau rapport au savoir et au livre, une redécouverte de la culture antique et une nouvelle vision de l’homme et de la bibliothèque.

Du XIVe au XVIe siècle, l’Europe a été le théâtre d’une effervescence intellectuelle, artistique et scientifique nouvelle, que la postérité a consacrée sous le nom de Renaissance. L’humanisme en constitue le cœur : né dans l’Italie du XIVe siècle et caractérisé par le retour aux textes antiques et la restauration des valeurs de civili­sation dont ils étaient porteurs, le mouvement humaniste a produit en Occident un modèle de culture nouveau, qui a modifié en profondeur les formes de la pensée comme celles de l’art. Les princes et les puissants s’en sont bientôt emparés pour fonder sur lui une image renouvelée d’eux-mêmes, comme l’attestent tout particu­lièrement les grandes et magnifiques bibliothèques qu’ils ont réunies.

La présentation de plus de 200 œuvres comprenant des manuscrits, des livres imprimés, des estampes, des dessins, des peintures, des sculptures et objets d’art, des monnaies et médailles issues des collections de la BnF et de prêts extérieurs de grandes collections parisiennes (musée du Louvre, musée Jacquemart-André) plonge le visiteur dans l’univers de pensée et le monde des humanistes de la Renaissance.

Le parcours de l’exposition conduit du cabinet de travail privé du lettré s’entourant de ses livres dans son studiolo jusqu’à l’espace ouvert au public des grandes biblio­thèques princières. Entre ces deux moments qui disent l’importance capitale des livres et de leur collecte, le visiteur est invité à explorer les aspects majeurs de la culture humaniste de la Renaissance : le rôle fondateur joué au XIVe siècle par Pétrarque et sa bibliothèque ; la redécouverte des textes antiques et la tâche de leur diffusion par la copie manuscrite, le travail d’édition, la traduction ; l’évolution du goût et des formes artistiques qu’entraîne une connaissance toujours plus étendue du legs de l’Antiquité ; la promotion nouvelle de la dignité de l’être humain et des valeurs propres à sa puissance d’action et de création, telles que le programme humaniste de célébration des hommes illustres les exalte.

Le commissariat est assuré par Jean-Marc Chatelain, directeur de la Réserve des livres rares, et Gennaro Toscano, conseiller scientifique pour le Musée de la BnF à la direction des Collections.

La Fondation Etrillard participe ainsi au financement du catalogue de l’exposition.

Claudius Ptolomaeus, Cosmographia ; Jacobus Angelus, interpres, 1451-1500, BnF, département des Manuscrits © BnF

Ce projet de la BnF correspond donc à un axe fondamental de la Fondation : la transmission de l’art et la culture anciens en tant que source d’inspiration pour notre temps. La Fondation apporte ainsi son soutien en Suisse comme en France à des concerts, formations musicales et colloques de musique ancienne (Université de Genève, Abbaye et Fondation de Royaumont), à la restauration de manuscrits et de trésors de collections prestigieuses (Abbaye de Saint Maurice, Abbaye de Solesmes, Château de Chantilly) et à des expositions d’art ancien (Musée d’art et d’Histoire de Genève, Musée du Louvre, musée de Cluny).

Andrea Mantegna (d’après), « Triomphe de César : les porteurs de corselets », Mantoue, vers 1500-1504, BnF, Département des Estampes et de la photographie © BnF

Le musée de Cluny – musée national du Moyen Âge, qui a rouvert ses portes en mai 2022 après plusieurs années de travaux, présentera du 12 mars au 16 juin 2024, en partenariat avec le GrandPalaisRmn et avec la collaboration exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France, une exposition consacrée au renouveau des arts en France au temps de Charles VII.

Il s’agira de la grande exposition du musée de Cluny en 2024, déployée dans la salle du Frigidarium (vestiges des thermes de Lutèce, I-IIe siècles).

Le règne de Charles VII, c’est-à-dire les années 1420-1460, correspond à un moment charnière de l’histoire et de l’histoire de l’art en France et en Europe. En effet, à partir des années 1430, le royaume connaît de profondes mutations politiques et artistiques. Alors que le nord du pays est occupé par les Anglais et les Bourguignons, de multiples foyers artistiques émergent (Anjou, Poitou, Touraine, Berry, Toulousain…). L’épopée de Jeanne d’Arc et la reconquête entreprise par Charles VII annoncent la fin de l’interminable guerre de Cent Ans. Les conditions d’un renouveau sont alors réunies, avec de grands commanditaires faisant appel à des artistes d’une nouvelle génération.

Parallèlement, le rayonnement de la cour de Bourgogne entraîne la diffusion de son modèle et de l’ars nova flamande. La création artistique entre en rupture progressive avec le gothique international et se tourne vers une nouvelle vision de la réalité, prémices de la Renaissance.

Jean Fouquet, « Charles VII », vers 1450-1455, Paris, Musée du Louvre © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Tony Querrec

L’exposition entend montrer toute la diversité de la production artistique pendant ce règne, et rassemblera manuscrits enluminés prestigieux, peintures, sculptures, pièces d’orfèvrerie et tapisseries. Parmi les œuvres majeures exposées, le musée de Cluny accueillera des prêts exceptionnels du musée du Louvre, de la BnF, et une section entière sera dévolue à l’œuvre de Jean Fouquet, un des plus grands peintres français du XVe siècle dont le fameux portrait de Charles VII sera présenté.

La Fondation Etrillard financera tout particulièrement la venue de pièces extraordinaires et indispensables des États-Unis, en association avec la New York Medieval Society, partenaire de la Fondation. Ce soutien permettra la réunion pour la première fois en France du triptyque peint par André d’Ypres pour Dreux Budé, secrétaire du roi Charles VII et son épouse Jeanne Peschard, vers 1450, dont la partie centrale est conservée au Getty Museum, le panneau gauche au musée du Louvre et le panneau droit au Musée Fabre, à Montpellier.

Maître de Dreux-Budé (André d’Ypres ?), « La Crucifixion », Panneau central du triptyque de Dreux-Budé, vers 1450, Los Angeles, J.Paul Getty Museum © J.Paul Getty Museum

Le commissariat de l’exposition est confié à plusieurs conservateurs issus de grandes institutions nationales : Mathieu Deldicque, conservateur du patrimoine, directeur du musée Condé de Chantilly, Maxence Hermant, conservateur en chef, responsable des manuscrits des XVe et XVIe siècles au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France et Sophie Lagabrielle, conservatrice générale au musée de Cluny, en charge des peintures, vitraux et arts graphiques. La directrice du musée de Cluny et conservatrice générale, Séverine Lepape, en assure le commissariat général.

La Fondation soutient la publication du catalogue de l’exposition, ouvrage ambitieux, fruit d’un travail collectif, qui permettra de poursuivre la diffusion des connaissances les plus récentes sur la période et de continuer à nourrir la recherche.

Barthélémy d’Eyck, « Livre des tournois », 1460, Paris, BnF, Département des manuscrits © Bibliothèque nationale de France

L’exposition du musée de Cluny s’inscrit dans la mission de mise en lumière du Moyen Âge chère à la Fondation Etrillard, qu’elle déploie dans les différents champs de l’art et des sciences humaines, en Suisse comme en France. La Fondation apporte ainsi son soutien à des concerts, formations musicales et colloques (Université de Genève, Abbaye et Fondation de Royaumont), à la restauration de manuscrits médiévaux et de trésors de collections prestigieuses (Abbaye de Saint Maurice, Abbaye de Solesmes) et à des expositions liées au Moyen Âge (Fondation Bodmer, Musée du Louvre).

Le Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH) organise depuis trois ans des expositions XL « carte blanche », qui permettent à des artistes de renom international de s’emparer de la collection du MAH et d’investir ses salles en laissant libre cours à leur créativité.

Pendant les six premiers mois de l’année, les espaces du musée se transforment à travers le regard d’un commissaire externe qui traite des sujets variés, de manière aussi pointue qu’accessible. Cette démarche permet aux collections du MAH d’être appréhendées d’une façon originale, et au visiteur de redécouvrir des œuvres qui sortent des réserves.

Après Jakob Lena Knebl (2021), Jean-Hubert Martin (2022) puis Ugo Rondinone (2023), c’est au tour de Wim Delvoye d’assurer le commissariat de l’exposition XL 2024.

Cette exposition « L’Ordre des choses. Carte blanche à Wim Delvoye » se tient du 26 janvier au 26 juin 2024. Le plasticien belge né en 1965 propose une expérience artistique et esthétique inédite et une exploration profonde de notre relation à l'art et aux objets qui nous entourent. Artiste passionné par les choses et les artefacts, que ces derniers soient des œuvres reconnues ou de simples objets, Wim Delvoye nous invite à remettre en question les frontières en apparence trop étanches qui séparent les objets d’art de ceux du quotidien. Ainsi, des pièces issues de la collection du musée entrent dans un jeu de reflets et de contrastes avec celles de Wim Delvoye.

À gauche : Frank Christian, Coupe Nautile et son écrin, vers 1680 © Musée d’art et d’histoire de Genève, photo B. Jacot-Descombes ; à droite : Wim Delvoye, Étui pour une Mobylette, 2004 © Collection Claudine et Jean-Marc Salomon.

Pas de parcours imposé ici. Le public est invité à s’immerger dans un foisonnement joyeux et ludique d’objets, de références et d’interventions proposé par le créateur flamand au nom de ce qu’il appelle lui-même un « vandalisme élégant ».

Dans cette profusion, il est néanmoins possible de suivre quelques pistes. Tout d’abord le détournement, qui consiste à dérober un objet à son contexte d’origine et le transplanter dans un autre domaine de réalité. Ainsi, un Picasso devient un obstacle qu’un jeu de billes géant s’amuse à transpercer, des étuis dialoguent avec des sarcophages. Ensuite les renversements, qu’ils soient conceptuels ou physiques. Le noble devient trivial, et vice-versa ; par exemple quand Wim Delvoye donne à l’écrin une importance et une splendeur qu’on attend plutôt du contenu, questionnant alors nos hiérarchies esthétiques. Enfin les divers rapprochements font naître une réflexion sur la notion même de collection, sur les limites et les beautés du geste accumulatif.

À gauche : Wim Delvoye, Nautilus, 2017 ; à droite : Wim Delvoye, Rimowa Classic Flight Multiwheel © Studio Wim Delvoye

L’Ordre  des  choses s’inscrit ainsi parfaitement dans la mission de la Fondation Etrillard : cet artiste crée des ponts de façon ludique entre les artefacts des collections du Musée d’art et d’histoire et ses propres créations contemporaines. Ces dialogues créent la surprise autant qu’ils sondent notre rapport au patrimoine : une démarche chère à la Fondation Etrillard.

Antonio Canova, Vénus « Italica » ou Vénus sortant du bain, 1807-1810 © Musée d’art et d’histoire de Genève, photo B. Jacot-Descombes ; à droite : Wim Delvoye, Ball Track Venus Italica, 2023 © Studio Wim Delvoye

Le Kunsthistorisches Museum de Vienne conserve dans ses collections un trésor unique : la couronne impériale. Associée au légendaire Charlemagne, cette couronne a été vénérée comme une relique sacrée du souverain et a conservé son statut d’insigne du Saint Empire romain germanique. Elle est restée en usage jusqu’au dernier couronnement en 1792, s’inscrivant dans les mémoires comme l’un des symboles les plus importants et les plus évocateurs de l’histoire européenne.

Cependant son utilisation pendant plusieurs siècles n’a pas que favorisé sa conservation. Elle a entraîné de nombreuses pertes, des dommages et des réparations qui ont eu un impact considérable sur son état et son apparence actuels.
 

Portrait idéal de Charlemagne (747-814), copie d'après Albrecht Durer (1471-1528), fin du XVIe ou début du XVIIe siècle. KHM-Museumsverband, Gemäldegalerie

Le musée a lancé en 2022 le « CROWN Project » (« Projet Couronne ») : un projet de recherche interdisciplinaire afin de mieux connaître les matériaux, la technologie et l’état de conservation de la couronne impériale. Il réunit des historiens de l’art, des conservateurs et des scientifiques qui mettent à profit leur expertise, leur savoir-faire et leurs approches respectives pour développer une plateforme de recherche collaborative. Pour la première fois, les composants, les techniques, les interventions et les altérations de l’objet ont été analysés et documentés de manière exhaustive. En outre, un certain nombre d’objets d’orfèvrerie de la même époque (X et XIème siècles) ont été sélectionnés afin d’obtenir des informations supplémentaires sur les matériaux et les techniques utilisés ailleurs. Toutes ces données sont étudiées et analysées par les experts du musée en collaboration avec des spécialistes d’institutions telles que le Louvre et le C2RMF à Paris, le Rathgen Forschungslabor à Berlin et la Bibliothèque nationale de Bavière à Munich.

Le « CROWN project » s’achèvera à la fin de l’année 2024. Il permettra des observations et des résultats encore plus pertinents et étonnants que prévu, qui seront rendues disponibles et accessibles au grand public dans un deuxième temps. Entre autres données, environ 30 000 images microscopiques numériques en 3D ont été créées. Ces images offrent un aperçu sans précédent de la structure de la couronne, de sa fabrication et de son état de conservation. Plus de 1750 composants individuels ont été détectés, dont beaucoup sont eux-mêmes des structures complexes. Les dessins techniques ont pour but de « traduire » les informations et de fournir une compréhension claire et précise non seulement aux chercheurs, mais aussi aux observateurs moins expérimentés.

Ce projet contribue à rendre la culture accessible : il met les résultats scientifiques du « CROWN project » à la disposition d’un large public par le biais de dessins et d’un modèle numérique 3D, y compris les scolaires, les jeunes et les personnes intéressées par les nouvelles technologies. 

Grâce au soutien de la Fondation Etrillard, le Musée va pouvoir réaliser un grand nombre de dessins ainsi que le modèle de la couronne. Un documentaire sur le projet sera présenté à la télévision autrichienne d’ici la fin de l’année 2024.

Lire l’article de Paris Match : « La couronne impériale du Saint-Empire romain germanique : de l’or, de l’émail, 172 pierres et plus de 800 perles »